Banque

Lombard Odier recrute la directrice générale d’une grande banque suédoise

Annika Falkengren, patronne de SEB à Stockholm, rejoindra les associés de l’établissement genevois en juillet. En même temps que l’avocat Denis Pittet

En 2014, Lombard Odier avait surpris la communauté financière en nommant comme associé une grande pointure de la banque européenne, Hugo Bänziger, ancien directeur du risque de Deutsche Bank. L’établissement privé de la Corraterie à Genève réédite cet exploit en convainquant Annika Falkengren, la directrice générale de Skandinaviska Enskilda Banken (SEB), l’une des quatre grandes banques suédoises, de rejoindre son collège, a-t-elle annoncé hier par communiqué.

La banquière suédoise prendra ses quartiers en juillet. Elle apportera une compétence de «banquière généraliste, ayant fait l’entier de sa carrière dans un établissement universel apportant des compétences opérationnelle et stratégique reconnues», ainsi que l’explique Patrick Odier, associé senior de l’établissement de la rue de la Corraterie. D’ici là, elle aura formellement remis sa démission de directrice générale de SEB (304 milliards de francs au bilan, 1,88 milliard de francs de bénéfice net en 2015) et se sera installée, avec sa famille, à Genève.

Née en 1962, Annika Falkengren occupe sa fonction actuelle depuis 2005, ce qui fait d’elle l’une des rares banquières à se maintenir en fonction au travers de la crise financière. Après avoir obtenu un bachelor en économie et administration des affaires de l’Université de Stockholm, elle a rejoint SEB, un établissement davantage centré sur la banque d’affaires que sur les guichets, en 1987 en tant que stagiaire.

Elle fait ses premiers pas dans le département de trading, où elle a notamment dirigé les départements de revenu fixe et de titres. «On décidait beaucoup à l’instinct à cette époque. Vos entrailles décidaient beaucoup pour vous. Bien sûr, nous avions des règles à respecter, notamment en matière de risques, mais elles n’étaient pas très sévères», a-t-elle expliqué au Financial Times en janvier 2014.

«Cooptée de manière assez naturelle»

Patrick Odier explique qu'«elle a été cooptée de manière assez naturelle car plusieurs associés la connaissaient en raison de son engagement dans des associations bancaires internationales». Son intégration dans la forte culture familiale de Lombard Odier – où les familles fondatrices gardent la main – devrait être facilitée du fait de sa longue expérience chez SEB, banque fondée au XIXe siècle et toujours dirigée par la famille Wallenberg, l’une des plus riches de Suède. «Elle est attirée chez nous par la possibilité qui lui est offerte d’assumer à la fois un rôle de propriétaire et de gérant, ce qui n’est pas possible dans son institution actuelle», complète Patrick Odier.

Un autre associé-gérant est en train de faire ses premiers pas depuis le 1er janvier: Denis Pittet, ancien directeur juridique (legal counsel). Entré dans la maison en 1993 en tant qu’avocat, il a repris en 2015 la direction du département des gérants de fortune indépendants et celle des services de planification patrimoniale. Il avait été hissé à la fonction d’associé-commanditaire en 2007.

La double nomination fait suite au départ à la retraite au 31 décembre dernier d’Anne-Marie de Weck, première femme à accéder au sommet d’une banque privée romande. Entrée dans la banque en 1997, cette juriste en était devenue associée en 2002.

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