Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
L’Organisation mondiale du commerce, installée dans le Centre William-Rappard, au bord du lac, est un marqueur majeur de la Cité de Calvin.
© FABRICE COFFRINI / Keystone

Commerce

L’OMC, élément central de la Genève internationale

Les menaces contre l’OMC ne laissent pas indifférent. Si elle est aujourd’hui considérée comme partie intégrante de la Genève internationale, l'organisation a un rapport avec les Genevois qui n’a pas toujours été facile

Les menaces qui pèsent sur l’Organisation mondiale du commerce ne peuvent laisser la Genève internationale indifférente. L’institution, installée dans le Centre William-Rappard, au bord du lac, est un marqueur majeur de la Cité de Calvin. Depuis sa création en 1995 pour succéder au GATT, elle a attiré une foule d’ONG et d’avocats intéressés par le commerce mondial.

Lire aussi: La croisade de Donald Trump pour tuer l’OMC

A titre d’exemple, l’association Ideas Centre, créée par l’ancien négociateur suisse à l’OMC Nicolas Imboden, conseille des pays d’Asie du Sud-Est et d’Afrique de l’Ouest pour qu’ils utilisent l’OMC à leur avantage. Leur thème de prédilection: l’agriculture. L’Université de Genève et l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) ont développé des compétences spécifiques dans ce domaine. Employant 630 personnes (fin 2016) et dotée d’un budget de 200 millions de francs, l’OMC constitue, avec le Centre du commerce international (ITC) ainsi que la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), un véritable «hub» du commerce international.

L’OMC a, à Genève, une importance symbolique très forte

Pierre Maudet, conseiller d’Etat genevois

L’OMC profite de l’écosystème genevois en entretenant des liens réguliers avec l’ITC et la Cnuced, mais aussi avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l’OMS et le BIT. «L’OMC a, à Genève, une importance symbolique très forte, relève le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet. C’est un lieu d’échange et de règlement pacifique des différends qui compte. Cela s’inscrit dans notre tradition de l’arbitrage», qui remonte jusqu’au premier règlement pacifique d’un différend entre deux nations par le biais d’une médiation internationale, celui de l’Alabama conclu à l’Hôtel de Ville.

Lire aussi notre éditorial: OMC: l’autogoal américain

Au plus fort de la vague altermondialiste, l’OMC n’a cependant pas toujours eu bonne presse. En 1999, le Grand Conseil genevois, à majorité de gauche, avait publié dans la Tribune de Genève, Le Monde, le Guardian et le Seattle Times un «appel aux citoyens du monde» pour manifester son opposition à «toute tentative de renforcement de l’Organisation mondiale du commerce.» En 2009, un référendum de l’extrême gauche menaçait de bloquer l’extension du bâtiment de l’OMC devisée à 130 millions de francs. Les Genevois approuvèrent finalement le projet par 62% des votants.

Forum annuel

L’OMC s’ouvre régulièrement au public et tient un forum annuel en septembre, auquel participent le monde académique et la société civile. Aujourd’hui, on voit encore des panneaux en ville qui fustigent TISA, la libéralisation des services. Samedi dans la Cité de Calvin, une manifestation de 300 personnes dénonçait la volonté de l’OMC de libéraliser l’agriculture et exhortait à mettre fin à la globalisation. Un message qui fait écho à ceux qui, en 2009, voyaient dans l’organisation «le cancer capitaliste qui s’attaque au poumon de Genève».

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)