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Manifestations contre l'OMC dans les rues de la capitale kenyane.
© NOOR KHAMIS

Commerce

L'OMC n'est pas insubmersible

Les divisions internes rendent l'entité basée à Genève sans cesse plus vulnérable à la concurrence extérieure.

Au lendemain de Nairobi, les fractures entre certains membres, Etats-Unis et Inde en tête, restent plus que jamais béantes. «Le monde a changé», s'est-on entendu répéter lors de cette Ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Aujourd'hui, plus encore qu'hier, la question d'une révision du statut de certaines économie émergentes majeures, mais bénéficiant de traitements préférentiels propres à des pays en développement, n'est plus plus taboue. Pour preuve: la provocation tactique du représentant au commerce des Etats-Unis Mickael Froman, la veille de la rencontre au sommet, appelant à jeter aux orties le cycle de Doha. Ce programme de libéralisation, bloqué depuis son lancement en 2001, est le cadre justifiant cette approche à plusieurs vitesses, chère aux puissances économiques devenues entre temps prépondérantes.

Toutefois, Nairobi aura aussi révélé de nouvelles divisions, cette fois-ci entre pays du même bloc, ou plus particulièrement l'Inde – encore elle – et le Brésil. Jusqu'à quand l'OMC pourra-t-elle résister à cette surenchère de tensions internes? Tant que des résultats, même insignifiants, sont produits, l'institution maintient une raison d'être.

Le bol de spaghettis

Par ailleurs, Doha a été pensé comme un processus continu. «C'est un programme universel qui n'implique pas de date butoir», relève Arancha Gonzalez, directrice du centre du commerce international à Genève. Et l'ex-sherpa de Pascal Lamy, précédent directeur de l'OMC de mettre toutefois en garde: «D'une Ministérielle à l'autre, les pressions internes ne vont jamais au point de faire exploser le système. Mais à plus long terme, leurs effets se feront sentir sur l'économie mondiale.» Moralité? Le vrai danger pour l'OMC vient de l'extérieur.

Avec à présent 164 membres, aux profils économiques -et donc aux intérêts - disparates, le rythme de négociations de l'OMC relèverait presque de la tectonique des plaques. La conséquence de cette apathie s'observe par la prolifération d'accords exclusifs conclus en marge. Historiquement complémentaires aux normes multilatérales, ces initiatives bilatérales ou régionales deviennent un substitut, la nouvelle voie à suivre. Cette dynamique entraîne, en langage diplomatique, un bol de spaghettis réglementaire. Cette myriade de normes qui s'entrelacent peuvent être un poison pour les échanges, dénonce Cecilia Malmström, commissaire européenne au commerce. Le secteur privé, dans son immense majorité préfère l'uniformisation réglementaire, gage de simplicité pour mener des affaires.

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