Davos devrait permettre à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) de trouver une solution sur le dossier de l'accès aux médicaments. Une discrète réunion dimanche matin entre Supachai Panitchpakdi, directeur général de l'OMC, les principaux patrons de l'industrie pharmaceutiques et des ministres de divers pays – dont le ministre du commerce d'Afrique du Sud Alec Erwin – auraient permis une nette avancée. «Nous sommes assez proches d'un accord», selon Henry McKinnell, CEO de Pfizer. De leurs côtés, Pharmacia et GlaxoSmithKline ont annoncé à Davos qu'ils fourniraient des versions génériques de leurs traitements antisida.

Les pays en développement demandent aux groupes pharmaceutiques de leur permettre de commercialiser à moindres coûts des traitements. Les industriels avaient jusqu'ici campé sur une position qui mettait en avant l'importance de ne pas brader la vente de produits. Selon Henry McKinnell qui a joué un rôle actif dans la négociation, un accord serait quasiment sous toit. «C'est un symbole très important pour les pays en voie de développement et une concession modeste en terme de nombre de brevets.» L'accord porterait sur 300 d'entre eux.

La négociation qui devait se boucler le mois dernier à Genève avait buté sur les conditions posées par les Américains à propos de la liste de maladies couvertes. Washington souhaitait que l'accord ne porte que sur les principales maladies comme le sida et la malaria. Désormais, un accord entre les 144 pays membres de l'OMC semble possible et pourrait être formalisé à la prochaine conférence ministérielle de l'organisation en septembre à Cancun.