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Il est possible de limiter la durée de versement d’une rente (ici des retraités sur une terrasse en Espagne) afin d’améliorer son niveau durant les premières années de la retraite.
© JON NAZCA/Reuters

Prévoyance 

Et si l’on choisissait une rente à durée limitée?

Le retraité peut avoir une plus grande influence sur sa rente mensuelle qu’avec le système classique. Le consultant Willis Towers Watson a élaboré un modèle qui garantit à l’assuré de profiter pleinement de son épargne

Face à l’incertitude liée à la solidité de la prévoyance et au niveau futur des rentes, le consultant Willis Towers Watson a mis sur pied un nouveau modèle de rentes à durée déterminée pour la partie surobligatoire du deuxième pilier (soit au-delà de 126 360 francs) censé apporter une garantie de restitution à l’assuré et une meilleure planifiabilité pour l’institut de prévoyance. Willis Towers répond à son objectif, lui qui promet de transformer le risque en opportunité de croissance. Le consultant compte 40 000 salariés dans plus de 140 pays et dispose de bureaux à Genève, Lausanne et Zurich.

L’incertitude est en effet de plus en plus grande, tant pour l’institut de prévoyance que pour l’assuré, sur la durée de vie (risque de longévité pour la caisse de pension), sur l’évolution des taux d’intérêt et sur les rendements des placements financiers au cours des prochaines décennies.

Récupérer enfin tout le capital épargné

L’assuré cherche avant tout à récupérer le maximum du capital qu’il a épargné au cours des années. Mais ce besoin est menacé par la baisse du taux de conversion.

Les caisses de pension ont un avantage. Elles peuvent déterminer les conditions, par exemple le taux de conversion, pour réagir à l’évolution des risques. L’assuré n’a pas cette possibilité. «Plus la période sur laquelle les estimations portent est longue, plus il y a de chances que les hypothèses concernant l’espérance de vie ou les rendements dégagés soient fausses», explique Christian Heiniger, expert auprès de Towers Willis Watson. Plus le taux de conversion est bas, plus le risque de ne pas pouvoir consommer tout le capital vieillesse accumulé est grand. L’attractivité du deuxième pilier est donc menacée, analyse le consultant.

Seulement pour le surobligatoire

La rente à durée déterminée prévoit pour le deuxième pilier une rente surobligatoire à durée variable. Il appartient au bénéficiaire de la rente d’indiquer s’il veut une durée de versement de quinze, vingt ou vingt-cinq ans. De cette manière, il peut moduler le montant de sa rente mensuelle, selon Willis Towers Watson.

Au-delà de ces quinze, vingt ou vingt-cinq ans, le bénéficiaire reçoit les intérêts cumulés pour solde de tout compte. Après cette date fixe, l’assuré, qui aura touché l’intégralité de son capital épargné, ne reçoit ensuite plus qu’une rente AVS et la partie obligatoire de la rente LPP. «Le minimum vital que doivent apporter l’AVS et la LPP reste intact», assure Christian Heiniger.

Prenons un exemple concret, celui de M. Dupont, âgé de 65 ans, marié, au bénéfice de prestations de libre passage de 1 million de francs. Par hypothèse, le taux technique est de 2%, le taux de conversion de 6,8% pour la partie obligatoire et de 5% pour la partie surobligatoire.

Si M. Dupont choisit une rente à durée déterminée de quinze ans, à un taux de 6,8% la rente annuelle sera de 38 627 francs pendant 15 ans, avec un versement final de 121 382 francs si le rendement de la fortune s’élève à 2% en moyenne pendant la durée de la rente.

Si l’assuré choisit une période de vingt ans, à un taux de 5% la rente annuelle sera de 28 970 francs, avec un versement final de 141 290 francs.

Si enfin, l’assuré préfère une rente de vingt-cinq ans, à un taux de 4% la rente annuelle s’élèvera à 23 176 francs, avec un versement final de 162 232 francs. Ces montants s’ajoutent donc à l’AVS (28 200 francs) et à la rente LPP pour la partie obligatoire.

Le solde est versé aux héritiers

En cas de décès avant la fin du versement de la rente à durée déterminée, le solde de l’avoir de vieillesse est entièrement versé aux survivants. Pour Christian Heiniger, une garantie de restitution est donc attachée à ce produit. C’est incontestablement un avantage par rapport à la situation actuelle. En effet, aujourd’hui, l’avoir résiduel reste dans la caisse de pension au titre de bénéfice de mutation.

Selon Christian Heiniger, plus de 50% des futurs rentiers suisses profiteraient d’un gain de flexibilité dans la perception de la partie surobligatoire de leur avoir de prévoyance, sans rien sacrifier à la sécurité.

Quant à la caisse de pension, ce modèle lui offre une plus grande planifiabilité et réduit les risques de taux et de longévité. Elle peut minimiser ses provisions. A une époque où les instituts de prévoyance sont à la recherche de solutions de «derisking», ce n’est pas un mince atout.

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