Blanchiment

L’oncle de Bachar el-Assad a longtemps géré une société à Genève

Rifaat el-Assad, frère déchu de l’ex-président Hafez el-Assad, a tenu les rênes de Siwar SA durant seize ans. Il est aujourd’hui visé par des enquêtes pénales en France et en Espagne

Genève a toujours été l’une des bases arrière préférées de l’oncle du président syrien Bachar el-Assad. Rien de nouveau. Mais ce que l’on ignorait jusqu’ici, c’est que Rifaat el-Assad y a administré durant seize ans Siwar SA, une entreprise active dans le «commerce de matières» et «l’import-export de produits manufacturés», révèle ce jeudi Gotham City.

Comme le rappelle la lettre hebdomadaire de veille sur les procédures judiciaires en cours touchant la place économique suisse, le dignitaire syrien contraint à l’exil après avoir été accusé de vouloir ravir le pouvoir à son frère, l’ancien président Hafez el-Assad, est actuellement sous enquête pour blanchiment d’argent en France et en Espagne.

Rifaat el-Assad a baptisé sa société helvétique, fondée en 1998, du nom de son fils Siwar. Il l’a officiellement gérée jusqu’à l’été 2014. L’entité, toujours active à Genève, a depuis changé de nom et d’activité, pour dorénavant exploiter une entreprise de travaux dans le bâtiment.

Affaires genevoises dans le viseur de la justice

Agé de 79 ans, Rifaat el-Assad a été mis en examen en juin 2016 en France. Il est soupçonné d’avoir empoché illégalement des centaines de millions à son départ de Syrie, pour bâtir sa fortune dans l’immobilier. L’Espagne, où l’oncle de Bachar el-Assad posséderait plus de 500 propriétés, dont des hôtels et des discothèques à Marbella, a aussi ouvert une procédure et séquestré quelque 541 millions de francs.

Selon Gotham City, s’appuyant sur la presse espagnole qui a eu accès au dossier, les affaires genevoises de Rifaat el-Assad sont dans le viseur de la justice. Mais Berne n’a pour l’heure reçu aucune demande d’entraide.

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