Dans le cadre de ses réflexions sur l'introduction en bourse des hedge funds, la FSA (Financial Services Authority) change son fusil d'épaule. Non pas que le gendarme britannique des marchés ait l'intention d'interdire le principe de la cotation, mais il entend rendre les règles d'introduction pour les fonds alternatifs basés hors du Royaume-Uni plus difficiles. Cette annonce est un véritable changement de cap pour la FSA puisqu'en décembre dernier elle avait envisagé dans un premier temps une réglementation plus légère pour les fonds qui n'étaient pas domiciliés au Royaume-Uni en leur permettant notamment de déroger aux obligations de diversification du portefeuille et d'indépendance des conseils d'administration.

Mais ce projet a provoqué un véritable déluge de protestations. L'Association of Investment Companies (AIC) a mené campagne contre cette règle, estimant que cela mettait les fonds britanniques en situation de concurrence déloyale. Le très influent John McFall, député et président du comité parlementaire en charge du Trésor, s'était lui aussi opposé à la décision de la FSA.

L'autorité britannique a donc fait marche arrière en avril dernier. Tous les hedge funds, candidats à une introduction en bourse seront soumis à un régime unique: «Nous avons été persuadés par les réponses que nous avons reçues qu'il y avait une préférence pour un régime unique», reconnaît Hector Sants, directeur du «wholesale market» de la FSA.

Très large adhésion

L'exigence d'un conseil d'administration indépendant a d'ailleurs recueilli une très large adhésion de la part des professionnels ayant participé à ses consultations. Daniel Godfrey, directeur de l'AIC, crie victoire: «Cette décision est bonne pour les investisseurs, bonne pour le marché et bonne pour la FSA.» L'AIC se réjouit d'autant plus que le gendarme britannique envisage maintenant d'alléger les règles de cotation des hedge funds. Histoire d'asseoir la compétitivité de la place de Londres. «Beaucoup des réponses [aux consultations] affirment que l'objectif d'ouverture des marchés aux fonds moins traditionnels tout en conservant la protection des investisseurs et en maintenant l'attractivité de Londres peut être réalisé par une modification de la réglementation», explique la FSA. Une proposition détaillée pour le régime unique est attendue pour juin. La FSA espère le faire entrer en vigueur au premier trimestre 2008.