G20

A Londres, la Chine arrive en position de force

Au sommet du G20, la Chine veut notamment défendre la mise en place d’une nouvelle monnaie de réserve internationale, pour remplacer le dollar.

L’un des événements les plus marquants du Sommet du G20 ce jeudi à Londres pourrait bien être la rencontre bilatérale entre Barack Obama, président des Etats-Unis, un pays à genoux, et Hu Jintao, président de la Chine, pays disposant de la plus importante réserve financière au monde. Dans ces circonstances, c’est ce dernier qui tient le couteau par le manche.

La Chine n’est apparemment plus le «joueur modeste» sur la scène internationale, mais arbore sans complexe son manteau de «puissance mondiale». C’est forte de cette capacité qu’elle a multiplié les remontrances en direction des Etats-Unis ces derniers jours.

Le président chinois et son premier ministre Wen Jiabao les tiennent pour responsables de la crise. Si celle-ci frappe désormais l’ensemble de l’économie mondiale, c’est bien la faute aux Américains.

Il y a une semaine, le gouverneur de la Banque centrale de Chine a affirmé qu’elle ne changeait pas sa politique d’achat d’obligations américaines, mais pas sans sermonner Washington pour qu’il fasse tout pour maintenir la valeur du dollar.

Avec 740 milliards de dollars investis, la Chine est le premier détenteur mondial de la dette américaine. C’est une Chine en position de force donc qui participe au Sommet du G20. Elle trouve par ailleurs un appui solide chez d’autres pays émergents, notamment le Brésil, l’Inde et la Russie.

Renflouer le FMI

L’activisme chinois se concentre sur deux dossiers en particulier: la relance et la refonte de l’architecture financière internationale. La mise en place, mais à plus long terme, d’une nouvelle monnaie de réserve internationale pour remplacer le dollar, dans un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international (FMI), est également demandée par la Chine. Cette idée n’est pas à l’agenda du G20 à Londres. Mais elle fait déjà son chemin.

Les autorités chinoises somment les Etats-Unis, mais aussi l’Union européenne, de dépenser davantage dans des programmes de relance pour lutter contre la crise. De leur côté, elles ont prévu des investissements de 865 milliards de dollars dans les infrastructures. Le plan chinois donne déjà des résultats positifs: le crédit bancaire augmente; la vente de véhicules a augmenté de 25% en février et la bourse de Shanghai comptabilise un gain de plus de 30% depuis le début de l’année.

Ensuite, Pékin se dit prêt à renforcer le FMI, d’une part en renflouant ses caisses vides – ce qu’il fera vraisemblablement jeudi – et d’autre part, en lui accordant de nouvelles tâches en matière de surveillance de risques et de réglementations. En retour, il exige une redistribution du pouvoir au sein de l’institution. A présent, les quatre grands pays émergents (Brésil, Russie, Inde et Chine) détiennent 9,62% des droits de vote, soit à peine plus de la moitié des Etats-Unis.

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