Le Royaume-Uni va fournir à l’Irlande un prêt bilatéral d’environ 7 milliards de livres, soit 8 milliards d’euros, dans le cadre de l’aide financière que l’Europe et le FMI vont apporter à Dublin, a annoncé lundi le ministre britannique des Finances George Osborne. «L’Irlande est un ami dans le besoin et nous sommes là pour l’aider», a dit le ministre au micro de BBC Radio 4.

Il a précisé que le Royaume-Uni s’était engagé à contribuer au plan d’aide mis en place par l’Europe et le FMI via un «prêt bilatéral», c’est-à-dire un prêt d’Etat à Etat, et non via l’UE, «pour refléter le fait que nous ne voulons pas faire partie d’un mécanisme permanent de sauvetage de l’euro». Le Royaume-Uni n’est pas membre de la zone euro et ne fait donc pas partie du Fonds européen de stabilité financière (FESF), mis en place au printemps pour aider les membres de l’Union monétaire connaissant des difficultés budgétaires.

Alors que certains députés conservateurs eurosceptiques se sont élevés contre l’idée d’une contribution britannique au plan de sauvetage, le ministre a plaidé qu’«il est dans notre intérêt national de contribuer à l’effort international pour aider les Irlandais», soulignant la forte interconnexion entre les économies irlandaise et britannique.

La crise irlandaise ne mettra pas en danger la reprise allemande, a estimé le ministre allemand de l’Economie, Rainer Brüderle, dans le quotidien populaire Bild paru lundi. «Si l’Irlande reçoit des aides, ces dernières ne mettront pas en danger la reprise en Allemagne», a-t-il déclaré au journal.

Le gouvernement allemand table sur une croissance de 3,4% pour la première économie européenne en 2010 et de 1,8% en 2011. En 2009, l’Allemagne avait vu son produit intérieur brut (PIB) chuter de 4,7%.

Le Portugal, considéré après l’Irlande comme le prochain pays à risque de la zone euro, a salué dimanche soir le plan d’aide à Dublin considérant qu’il «apaise les craintes, réduit l’incertitude et renforce la confiance des marchés. C’est sans aucun doute un fait positif pour la stabilité de la zone euro», a déclaré le ministre portugais des Finances Fernando Teixeira dos Santos.

«Encore une fois, on constate que la zone euro dispose de mécanismes adaptés pour promouvoir et garantir sa stabilité financière», poursuit le ministre, qui ne fait aucune allusion à la possibilité que le Portugal puisse également solliciter une aide extérieure pour éviter un risque de faillite. Au contraire, le ministre a souligné les différences entre les deux pays, rappelant que le Portugal dispose d’un système bancaire «bien régulé et supervisé», «résistant et bien capitalisé». Il met également en avant la «stratégie claire et adaptée» du gouvernement pour mettre en œuvre une «consolidation budgétaire et des réformes structurelles visant à renforcer sa compétitivité et sa croissance potentielle».