Le retour de confiance revient rarement en octobre. Pour l'instant l'attentisme prévaut et les émissions sont très modestes.

Le grand changement sur le marché des structurés, c'est le processus de redistribution des cartes au profit des émetteurs les plus solides. «Les six dernières semaines ont été parmi les meilleures de l'année», explique François Dacquin, responsable des services d'investissement pour BNP Paribas. Car l'institut est le plus sûr du moment si l'on observe le marché des CDS (contrats de protection contre le risque de défaut). Pour juger de la solidité de la contrepartie, les notes des agences de rating n'offrent pas le coussin de sécurité espéré. Le marché des CDS offre un éclairage supplémentaire sur le risque de défaut.

Aujourd'hui, «l'investisseur recherche le risque zéro. Il faut donc proposer des structures qui limitent au maximum le risque de contrepartie», selon François Brunetti, auprès de LODH. L'institut se limite dans le choix des émetteurs aux noms les plus solides. Il cite entre autres BNP Paribas, JP Morgan, HSBC, Rabo Bank, Credit Suisse et Deutsche Bank.

L'esprit d'innovation permet aussi d'offrir des titres avec garantie d'Etat à travers des structures alternatives. Par exemple des actifs de première qualité se portent en garantie de produits structurés. Mais ces propositions ont un coût supérieur.

«En pratique, nous demandons par exemple à Commerzbank une reverse convertible sur Nestlé et demandons à une garantie de débiteur de première qualité, comme IADB, BERD ou Eksportfinanz», explique Roger Stump, d'Aurelys Finance. Ce dernier relativise la perception du risque d'émetteur: «Aujourd'hui l'Etat est entré dans le capital de plusieurs instituts et garantit la dette de bien d'autres. Un produit Fortis par exemple ne comporte plus du tout de risque, au contraire d'il y a quelques semaines.»

François Brunetti ne craint nullement pour l'avenir des produits structurés. «En somme, c'est un emballage qui permet d'améliorer le rendement pour le même risque ou de réduire le risque pour le même rendement. Il participe à la hausse ou à la baisse ou encore à une évolution latérale d'un grand nombre de sous-jacents.»

En cette période de forte volatilité, il est conseillé de «vendre la volatilité». Les structures telles que les certificats discount, les reverse convertible, les autocalls, ont une carte à jouer dans ce contexte. Les produits à capital garanti achetant la volatilité sont peu attractifs. Il existe néanmoins des produits avec une protection du capital ou l'investisseur est aussi vendeur de volatilité. Attentiste, François Dacquin, préfère «attendre que l'émotion extrême se calme un peu la visibilité s'améliore avant de proposer de nouvelles structures. La plupart des stratégies offertes se concentrent sur des structures très simples et vendeuses de volatilité dans le but de profiter de la volatilité actuelle et de protéger les portefeuilles. Par exemple à travers des reverse convertibles».

Le marché des produits structurés conserve tous ses atouts. Le côté demande (investisseurs) améliore le profil de risque/rendement. Celui de l'offre (émetteurs) profite d'une source de financement et de profits appréciée, selon Roger Stump, consultant pour Aurelys Finance. Mais pour l'heure les gens sont tétanisés et ne font presque rien au lieu de «faire des analyses comparatives et d'agir», selon un professionnel.