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Le Pont de l’Amitié sino-coréenne est le symbole d’échanges commerciaux qui vont se réduire, suite aux nouvelles sanctions prononcées par la communauté internationale contre Pyongyang.
© Thomas Peter/Reuters

Commerce

L’ONU porte un nouveau coup à l’économie nord-coréenne

La communauté internationale a encore durci les sanctions contre Pyongyang, en s’en prenant à ses importations de pétrole et à ses exportations de textile et de travailleurs. Mais le régime ermite sait comment les contourner

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté lundi soir, à l’unanimité, un nouveau train de sanctions contre la Corée du Nord. Celles-ci s’en prennent notamment aux exportations d’or noir vers le régime ermite, qui seront interdites à l’exception d’un contingent annuel de 2 millions de barils de produits raffinés.

«La majorité du pétrole importé par la Corée du Nord provient de Chine, relève Go Myong-hyun, un chercheur de l’Asan Institute for Policy Studies de Séoul. Elle lui fournit au moins 500 000 tonnes de brut par an.» Le reste vient de Russie. Les sanctions adoptées lundi devraient réduire l’accès de Pyongyang à l’or noir de 30%.

Les sanctions introduisent également un embargo sur les achats de textile nord-coréen. «Cela va porter un coup dur à l’économie du pays, car cette industrie rapporte 800 millions de dollars par an, juge Go Myong-hyun. Mais cela va aussi affecter les nombreuses entreprises chinoises qui exploitent des usines de vêtement en Corée du Nord.»

Lire aussi: La Chine limite ses importations de Corée du Nord

Ces habits sont exportés dans le monde entier, souvent avec une étiquette portant la mention «made in China». Entre 2010 et 2014, la Suisse a acheté pour 7,1 millions de francs d’anoraks, de manteaux, de maillots de bain et de survêtements de sport nord-coréens, selon la statistique fédérale des douanes.

Troisième pilier de l’économie nord-coréenne touché par les sanctions onusiennes: l’exportation de main-d’œuvre, qui sera désormais interdite. Il y a au moins 20 000 travailleurs nord-coréens en Chine, essentiellement dans le nord-est du pays, selon un calcul effectué par Go Myong-hyun. D’autres se trouvent en Russie, dans les pays du Golfe ou en Afrique. Pyongyang gagne 500 millions de dollars par an en confisquant une partie du salaire de ces travailleurs.

Exportations illégales

Mais décréter des sanctions ne suffit pas. Encore faut-il qu’elles soient respectées. Un rapport paru la semaine dernière d’un panel d’experts de l’ONU conclut que la Corée du Nord a exporté illégalement pour 270 millions de dollars de charbon, de fer, d’acier et de métaux précieux (argent, or, nickel) vers la Chine, l’Inde, la Malaisie, le Vietnam, le Sri Lanka, la France, l’Egypte, l’Irlande et le Mexique durant les six premiers mois de l’année. Elle a également fourni des armes à la Syrie, au Mozambique et à la Tanzanie.

Pour effectuer ces transactions, Pyongyang s’appuie sur un réseau d’intermédiaires financiers, situés essentiellement en Chine. Le plus souvent, une banque nord-coréenne envoie un représentant à l’étranger pour qu’il y crée une série de sociétés-écrans, puis ouvre des comptes bancaires en leur nom, selon le rapport du panel d’experts.

Il arrive également qu’une entreprise étrangère investisse dans une banque nord-coréenne ou constitue une joint-venture avec elle, afin de lui fournir un accès à des capitaux et au système financier international.

Mystérieuse entité «sino-suisse»

C’est ce qui est arrivé à Daedong Credit Bank, une institution financière nord-coréenne fondée en 1995 et dont 30% ont été rachetés en 2011 par un citoyen chinois appelé Li Zhengang. Il opère plusieurs entreprises aux côtés de Li Shengda, un membre de sa famille.

Parmi celles-ci figure une mystérieuse entité appelée Dandong Sino-Swiss Petrochemical. Basée dans la ville de Dandong, non loin de la frontière avec la Corée du Nord, cette société dont on ne connaît pas la réalité des liens avec la Suisse, se décrit comme «une entreprise d’import-export professionnelle», note le rapport des experts onusiens.

Lire aussi: La Suisse et la Corée du Nord

Elle vend du toluène (un solvant industriel), de l’acétone et d’autres produits chimiques à la Corée du Nord. Elle exporte également de l’acier roulé, du plastique et des minerais en provenance de ce pays vers l’Asie et l’Europe, selon le registre du commerce chinois. Li Zhengang et Li Shengda possèdent aussi la société hongkongaise Yueda International Trading, qui fournit du pétrole à la Corée du Nord.

La plupart des transactions effectuées par ces deux entreprises passent par Daedong Credit Bank. Elles ont également fourni des prêts à une société-écran appartenant au patron de la banque, Kim Chol Sam, et ouvert des comptes en leur nom utilisés par ce dernier.

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