Lonza étudie des mesures cibléesde restructuration du site de Viège

Chimie Le groupe bâlois s’attend à une hausse d’au moins5% du bénéfice opérationnel en 2015

Les effets du franc fort affectent peula société, mais touchent le lieu de production valaisan

En janvier, moins d’une semaine après la décision de la Banque nationale suisse (BNS) de lever le taux plancher euro-franc suisse, Richard Ridinger, patron de Lonza, était emprunté pour communiquer les prévisions de croissance du groupe pour l’année 2015. Les chiffres avaient été préparés, mais ils étaient soudain devenus obsolètes.

Promesse avait été faite – tenue mardi à Zurich – de livrer ces données avec la publication des résultats du premier trimestre 2015. «L’année a bien commencé et correspond à nos attentes, a expliqué Richard Ridinger. Lonza a pu surmonter les effets du renforcement du franc suisse face à l’euro, grâce notamment à un équilibre monétaire naturel entre zone de production et zone de vente.»

L’objectif 2015 est l’amélioration d’au moins 5% du bénéfice opérationnel (EBIT de base) «grâce à l’optimisation du portefeuille de produits et aux mesures d’amélioration de la productivité». Le site de Viège, qui arrivait au terme du programme de restructuration Visp Challenge, lancé en 2011, n’échappera pas à un nouveau tour de vis. Le ­patron de Lonza l’a confirmé mardi.

«Il s’agira de mesures très ciblées sur certaines technologies, qui iront dans le sens d’une meilleure discipline des coûts. Des suppressions d’emplois ne sont pas exclues», précise Richard Ridinger. Il réitère toutefois les propos rassurants tenus en janvier, à savoir que le site de production de Viège reste indispensable dans l’organisation internationale de la production de Lonza. «Ce site constitue une base solide pour le développement de Lonza, mais la recette afin de rester compétitif est toujours la même: innover et augmenter la productivité», souligne le patron. Un groupe de travail, constitué pour préparer des mesures de hausse de productivité à Viège, est en place. Les décisions seront communiquées avant fin juin et appliquées durant le deuxième semestre 2015.

Le groupe, qui fournit notamment des composants chimiques pour des médicaments, voire des médicaments biotechnologiques complets, de même que des produits chimiques pour l’agriculture, le traitement de l’eau ou du bois, possède plus de 40 sites de production. Il emploie 9800 personnes pour un chiffre d’affaires annuel de 3,64 milliards de francs.

Si Lonza est parvenu, au niveau du groupe, à plus ou moins équilibrer revenus et charges selon la devise concernée, dollar et euro principalement, le cas de Viège est plus difficile puisque la zone de vente est clairement en Europe, alors que les frais de production sont en francs suisses.

Les prévisions de croissance jusqu’en 2018, généralement bien accueillies par les analystes financiers, tablent sur un résultat brut d’exploitation (EBITDA) de près d’un milliard de francs en 2018, contre 743 millions l’an dernier.

Le chiffre d’affaires annuel devrait progresser en moyenne de 1 à 5%. Quant au rendement des actifs nets, il devrait se situer à 20% dans trois ans, contre 14,3% l’an dernier. Lonza ne fournit pas de prévision concernant les marges bénéficiaires EBIT ou EBITDA car la volatilité des prix des matières premières rend l’exercice trop périlleux selon ses dirigeants.

Le chiffre d’affaires devrait progresser de 1 à 5% par an jusqu’en 2018