Lonza a décroché un très gros contrat avec Genentech, filiale de Roche spécialisée dans la biotechnologie et les médicaments contre le cancer. L'opération, annoncée hier, va au-delà d'un accord de sous-traitance de la production d'une partie d'un nouveau médicament. Il établit, par un véritable partenariat industriel et immobilier, des relations durables avec Genentech, l'un des chefs de file de la biotechnologie mondiale.

L'Avastin, un produit clef

Le groupe bâlois Lonza, qui possède un important site chimique et pharmaceutique axé sur la microbiologie à Viège (VS), a décidé d'acheter, pour 150 millions de dollars, l'usine de Genentech en Espagne. Lonza entre ainsi dans le processus de fabrication d'Avastin, un anticancéreux dont la croissance des ventes annuelles devrait atteindre 2,9 milliards de dollars en 2008.

Les relations entre les deux entreprises seront en outre consolidées par un contrat immobilier à Singapour. Lonza construira, pour Genentech, une usine dotée de bioréacteurs d'une capacité totale de 80000 litres destinés à extraire des substances médicamenteuses de cellules animales. Devisée à 290 millions de dollars, l'installation sera inaugurée en 2010.

Le groupe bâlois maintient son propre projet de construction d'installations similaires à Singapour, mais repousse à 2011 la mise en service de cette unité.

Ces contrats confirment la pertinence de la stratégie de concentration de Lonza dans les sciences de la vie. Le groupe vient d'achever la cotation séparée, à la Bourse italienne, d'une partie de sa division chimique. Il a également investi, il y a quinze jours, 460 millions de dollars dans l'achat de produits biopharmaceutiques à la société Cambrex. L'analyste de LODH prédit une croissance des activités pharmaceutiques de 217% d'ici à 2010, à 1,89milliard de francs.

Cette réorientation vers une plus forte valeur ajoutée plaît aux investisseurs. Le titre, encore jugé sous-évalué malgré une progression de 39% en un an, s'est valorisé hier de 6,38% dans un marché SMI en baisse de 0,67%.

Stefan Borgas, patron de Lonza, a confié au Temps sa sérénité pour atteindre en 2006 un chiffre d'affaires de 2,8 milliards de francs et un bénéfice d'exploitation (EBIT) de 335 millions. Malgré la réorientation de l'entreprise délestée d'une partie de ses activités chimiques, il s'attend, en 2007, à un chiffre d'affaires identique et à une croissance du bénéfice de 15 à 20%. Le site de Viège restera, selon lui, l'un des piliers de production du groupe malgré la montée en puissance de Singapour.