Le Temps: Pourquoi l'accord avec Genentech est-il important?

Stefan Borgas: L'achat d'une usine de production de moyenne capacité en Espagne nous évite d'en construire une neuve. Nous pourrons offrir, dès l'an prochain déjà et non en 2009, un volume de production qui répond à une très forte demande. Lonza est désormais clairement centrée sur les sciences de la vie.

- Vous êtes aussi le maître d'œuvre de Genentech à Singapour. Comment financez-vous ces projets?

- En plus de notre propre projet d'usine biotech d'une capacité de 80000 litres, nous construirons une autre installation, pour eux, d'une valeur de 290 millions de dollars, financée par leurs soins. Tout cela entre dans le cadre de nos lignes de crédit ordinaires. Les 150 millions de l'usine espagnole seront payés en trois tranches, mais nous encaisserons immédiatement les bénéfices d'exploitation d'une installation qui nous aurait coûté, neuve, 250 millions.

- Pourquoi avoir choisi Singapour plutôt que la Suisse?

- Les prix sont 10 à 15% inférieurs, mais la principale raison n'est pas là. Nous devons équilibrer nos infrastructures dans le monde et prendre fortement pied en Asie où se trouvent nos concurrents.

- Lonza a-t-elle la capacité de mener de front autant de projets?

- C'est un facteur de risque pour une petite société comme Lonza. Nous le minimiserons en renonçant, dans les deux ans, à de nouvelles acquisitions ou gros investissements.

- Des clients prendront ombrage de l'accord particulier avec Genentech...

- Il ne s'agit pas d'un accord préférentiel. Il profite à tous nos clients puisque nous leur offrons de nouvelles capacités de production.