Non. Il ne s’agit pas d’une ligne de production supplémentaire vouée à l’accélération de la lutte contre la pandémie de Covid-19. En annonçant vendredi la construction d’une nouvelle usine à Viège (VS), Lonza rappelle que sa stratégie de développement ne se limite de loin pas à la production du principe actif des vaccins à ARN messager de Moderna.

D’un montant de 200 millions de francs, «le projet est soutenu par une contribution en capital et une collaboration à long terme adaptée avec un partenaire biopharmaceutique majeur», selon les termes du communiqué du groupe bâlois.

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Occupant quelque 2000 m² sur six niveaux dans son parc technologique haut-valaisan, la nouvelle infrastructure sera consacrée aux «petites molécules». Elle s’inscrit dans la ligne privilégiée par le sous-traitant pharmaceutique bâlois: l’association avec un partenaire. Une voie qui, selon Gordon Bates, chargé des activités liées aux petites molécules chez Lonza, permet de «soutenir la clientèle grâce à des modèles d’affaires flexibles».

A titre d’exemple, lors du lancement de son complexe hôtelier pour la pharma, il y a quatre ans, le producteur du vaccin de Moderna avait révélé l’une de ses premières collaborations suivant ce modèle. Il s’agit de l’exploitation avec le français Sanofi d’une installation de cultures cellulaires mammifères à grande échelle dédiée à la production d’anticorps monoclonaux.

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Le premier projet de construction de la nouvelle usine prévoit, lui, une ligne de fabrication dédiée à des bioconjugués, des molécules qui combinent anticorps et médicaments (ADC). Les premières opérations devraient débuter au troisième trimestre 2023. Une fois achevée, la nouvelle structure emploiera environ 200 personnes.

Principal défi: le recrutement

Garnir ses effectifs. Voilà bien l’un des plus grands défis que l’entreprise doit aujourd'hui relever. «Il y a eu ces dernières semaines et il y a encore des retards dans le recrutement de personnes qualifiées chez Lonza et les équipes qui en sont chargées se démènent pour trouver des solutions», a signalé Stéphane Bancel. Le président-directeur de Moderna s’exprimait vendredi, à l’occasion d’un point presse organisé par la faîtière internationale de l’industrie pharmaceutique pour faire le point sur la production de vaccins contre le covid dans le monde.

Il y a deux semaines, dans une interview accordée au journal Walliser Bote, Renzo Cicillini, responsable du site de Viège, indiquait que 1200 personnes devaient être engagées cette année. 650 postes avaient déjà été pourvus. Parmi les personnes recrutées figurent des Suisses, mais aussi des Français, des Italiens, des Allemands, ou encore des Anglais. 

Préparer la bataille des bioconjugués

Avec une première application dans les anticorps conjugués, Lonza confirme son positionnement dans ce type de traitements. Avec les thérapies géniques et cellulaires, ceux-ci sont considérés comme faisant partie des grandes batailles pharmaceutiques de la décennie. Le groupe avait déjà annoncé en décembre la construction de deux lignes de production consacrées à cette technologie.

Des milliards sont investis dans la pharma pour mettre au point des solutions qui, en combinant des anticorps et des anticancéreux, peuvent cibler précisément les cellules tumorales et épargner les autres. En décembre dernier, la multinationale allemande Boeringher Ingelheim a par exemple racheté pour 1,18 milliard de dollars la start-up bâloise NBE Therapeutics active dans ce domaine.

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