Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ainsi que leurs alliés de l'OPEP+ se retrouvent jeudi à 14 heures (heure en Suisse) pour s'accorder sur l'avenir à très court terme de leur politique de coupe de leur production d'or noir. Cette réunion qui se tiendra par visioconférence arrive après trois jours de discussions entre les membres du cartel. Elle était initialement prévue mardi mais a été reportée, ce qui trahit pour beaucoup d'observateurs les fortes dissensions au sein du groupe.

Un accord semble néanmoins se profiler, pour un retour sur le marché de près de deux millions de barils par jour au 1er avril 2021, et non au 1er janvier comme initialement prévu.

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L'alliance de producteurs s'astreint à des restrictions drastiques dans sa production d'or noir afin de l'adapter à une demande qui a chuté avec la pandémie de Covid-19, en suivant des paliers progressifs arrêtés après d'âpres négociations en avril 2020.

Cet effort, pénible pour les finances de tous, a joué son rôle en inversant la chute vertigineuse des prix du brut, la référence américaine s'étant même un moment aventurée en terrain négatif au printemps, une première dans l'histoire.

Une prorogation attendue

Depuis, une deuxième vague de Covid-19 est venue terrasser les espoirs d'une reprise rapide, «en V», de la croissance mondiale et des mouvements de biens et de personnes consommateurs d'or noir. Cette situation pousse la plupart des producteurs, le ministre saoudien de l'Énergie et chef de file du cartel Abdel Aziz ben Salmane en tête, en faveur d'une prolongation de l'effort actuel de coupe, de l'ordre de 7,7 millions de barils quotidiens.

C'était d'ailleurs ce à quoi le marché s'attendait, et pour beaucoup d'acteurs le cycle de réunions de ce début de semaine ne devait être qu'une formalité pour valider trois ou six mois de prorogation.

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Mais la remontée récente des cours - de l'ordre de 25% sur le seul mois de novembre pour le WTI et le Brent de mer du Nord, soit le meilleur mois depuis mai - portée par l'espoir de campagnes de vaccination massives contre le Covid-19, perspective de retour «à la normale» de la demande de pétrole, pousse certains pays à réévaluer le besoin d'un tel sacrifice.

Les niveaux de production de trois membres questionnés

Le sujet épineux du respect des quotas par chacun des membres semble également revenu sur la table, les mauvais élèves étant invités à observer une compensation stricte avant d'envisager toute action supplémentaire.

Le cartel doit également prendre en compte les niveaux de production dans les rangs de trois de ses membres exemptés des quotas dont certains sont amenés à croître. C'est le cas de la Libye, dont la production presque réduite à néant en 2020 des suites d'un conflit intérieur, est repartie en flèche depuis octobre. Elle a désormais dépassé le million de barils par jour, selon la Compagnie libyenne nationale de pétrole (NOC).

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A moyen terme, une politique américaine plus souple vis-à-vis de l'Iran, également non concerné par les quotas, après l'élection du candidat démocrate Joe Biden, pourrait faire revenir sur le marché des centaines de milliers de barils quotidiens qu'il aura des difficultés à absorber en l'état.