Satisfaits de la stabilité des cours, les pays producteurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), et leurs alliés, réunis sous l'OPEP+, ont convenu mardi de maintenir leur stratégie de retour progressif de l'offre de pétrole brut sur le marché à l'issue d'un sommet ministériel avancé d'une journée.

Comme prévu début avril, les 23 membres de l'alliance vont donc augmenter un peu chaque mois leur production d'or noir à compter de mai, a expliqué l'OPEP dans un communiqué publié sur son site.

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«Nous avons examiné la situation sur le marché et une nouvelle fois confirmé les décisions qui avaient été prises il y a un mois», a déclaré de son côté le vice-premier ministre russe Alexandre Novak chargé de l'Energie, interrogé par la chaîne de télévision Rossia 24. «Les prix sur le marché sont actuellement plus ou moins stables (...), nous espérons que cette tendance se poursuivra jusqu'à la fin de l'année.»

L'OPEP+ a par ailleurs annoncé que le prochain sommet de l'alliance se tiendrait le 1er juin, l'occasion «d'examiner les niveaux de production pour juillet, août et jusqu'à la fin de l'année», a indiqué Alexandre Novak.

Ne pas inonder le marché avec de l'or noir 

Lors du précédent sommet, le cartel élargi avait décidé d'augmenter son niveau actuel de production de 350 000 barils par jour en mai, puis d'autant en juin et enfin de quelque 450 000 barils supplémentaires par jour en juillet.

Les membres de l'OPEP+ laissent quotidiennement sous terre quelque sept millions de barils et ajustent ce volume mois après mois. Le but est de ne pas inonder le marché avec un or noir qu'il ne peut absorber en raison des dégâts économiques causés par la pandémie de Covid-19.

Le pétrole progresse après la réunion de l'OPEP+

Les cours du pétrole ont conclu en hausse après une réunion des principaux pays producteurs (OPEP+), qui ont laissé leurs projections de quotas de production en l'état pour les trois mois à venir, et à la veille des stocks américains.

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Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a terminé à 66,42 dollars à Londres, en hausse de 1,17% par rapport à la clôture de la veille. A New York, le baril américain de WTI pour le même mois a conclu à 62,94 dollars en progrès de 1,66%.

Les perspectives pour la demande de brut «se sont considérablement améliorées en Europe et ont fourni l'occasion (au club de producteurs) de s'en tenir au plan initial», a réagi Edward Moya, analyste de Oanda.

La surprise est en revanche venue du calendrier choisi par l'alliance. Les deux réunions prévues initialement mercredi - le Comité de suivi de l'accord en vigueur de réduction de la production du groupe (JMMC) et le sommet ministériel - ont été rassemblées en une seule mardi, tenue par visioconférence, de manière impromptue.

Crainte d'une résurgence du Covid-19

En amont de ces négociations mardi, le secrétaire général de l'OPEP, Mohammed Barkindo, avait salué «la trajectoire positive de l'économie mondiale», de nature à soutenir «la demande de pétrole au second semestre». Et de citer «les mesures de relance, les progrès en matière de vaccination et la saison estivale» à venir, selon une déclaration postée sur le compte Twitter du cartel.

Petit bémol toutefois, les ministres ont relevé «une hausse des cas de Covid-19 dans un certain nombre de pays, malgré les campagnes de vaccination», une «résurgence qui pourrait entraver la reprise de l'économie», précise le communiqué. L'Inde n'est pas nommée mais c'est bien vers elle que les regards se tournent en ce moment.

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A un pic en 2019 avant un reflux en 2020 sous l'effet de la pandémie, l'Inde consommait plus de 5 millions de barils par jour, ce qui la plaçait au troisième rang derrière les Etats-Unis et la Chine, d'après les chiffres du géant pétrolier BP.

«L'impact sur la demande de pétrole est toutefois limité, du moins pour l'instant, car le gouvernement n'a pas imposé de confinement national mais plutôt des restrictions régionales», ont souligné les analystes d'ING.