L'OPEP, réunie mercredi prochain à Ispahan (Iran), va sans doute devoir maintenir son quota de production face à une demande de brut qui ne faiblit pas. Mais l'organisation veillera à ce que les prix du baril demeurent élevés, selon les analystes. Les cours flirtent à nouveau avec les 55 dollars depuis le début du mois. Le président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Cheikh Ahmad Fahd al-Sabah, ministre koweïtien de l'Energie, a prédit samedi que le cartel maintiendrait son plafond de production à 27 millions de barils par jour (mbj).

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a révisé vendredi une nouvelle fois à la hausse ses prévisions pour la demande mondiale de brut en 2005. L'AIE s'attend en outre à une demande «robuste» au 2e trimestre, alors qu'elle baisse traditionnellement avec l'arrivée du printemps dans l'hémisphère Nord.

Les projecteurs sont donc braqués sur l'OPEP pour qu'elle garde, au moins, ses vannes ouvertes. Le cartel, fournit à lui seul près de 40% de la production mondiale. Cette réunion, la première en Iran depuis 1971, intervient sur fond de fortes tensions entre Téhéran et les pays occidentaux.

«Je crois que nous allons continuer avec le même plafond. Nous devons être très prudents car il y a encore une surproduction», a déclaré le ministre koweïtien. Cela étant, l'OPEP «va étudier la situation avec l'objectif de stabiliser les prix et l'approvisionnement du marché», a-t-il ajouté, indiquant que le cartel avait invité des pays producteurs non membres à la réunion d'Ispahan afin de s'entraider pour calmer les marchés. Il est ainsi possible que davantage d'or noir soit pompé ces prochains mois.

Mais le marché se demande si cela suffira pour faire face à la demande. La croissance économique attendue aux Etats-Unis et la demande de brut toujours soutenue de la Chine, mais aussi de l'Europe du Nord, de l'Inde et du Brésil, font craindre des tensions sur l'approvisionnement. Frédéric Lasserre, analyste à la Société Générale, s'interroge sur la possibilité d'un baril à 100 dollars. «Certains pensent peut-être que les Etats-Unis sont prêts à recourir à des frappes ponctuelles pour interrompre le programme nucléaire iranien. Dans cette hypothèse et compte tenu de la tension actuelle sur le marché, une flambée de 20 dollars le baril serait tout à fait plausible», juge-t-il.