La perspective du rachat de la compagnie nationale Swiss par l'allemande Lufthansa se précise. Les détracteurs de cette acquisition donnent encore de la voix, mais leur nombre semble diminuer en ce début de semaine cruciale pour l'avenir de l'entreprise de transport aérien.

L'avocat Jürg Brand et son partenaire Martin Grossenbacher ont renoncé samedi à récolter des fonds pour racheter Swiss. Leurs annonces publiées dans les médias n'ont pas soulevé l'enthousiasme escompté.

Titres bradés

Un groupe de contestataires encore important est formé par les petits et moyens actionnaires. On y compte par exemple l'entrepreneur et conseiller national bernois Johann Schneider-Ammann, André Kudelski, patron de l'entreprise du même nom, ou le directeur de la banque Raiffeisen, Pierin Vincenz. Il y a trois ans, ils avaient investi chacun 10 millions de francs dans la compagnie nouvellement créée. Ces actionnaires veulent éviter de brader leurs titres qui vont être sous-évalués si l'affaire avec Lufthansa se conclut pour 65 millions, comme l'estiment certains.

Parallèlement à ce calcul, un esprit patriotique habite encore l'Association de défense des actionnaires. Son président, Jacob Heitz, propose au petit actionnariat de faire pression sur la compagnie allemande qui veut faire main basse sur un bien national bradé.

Les opposants à la solution Lufthansa n'ont donc, pour l'instant pas convaincu. Plusieurs spécialistes ont estimé que Swiss aurait besoin de 700 millions de francs pour assurer sa survie si elle se contentait d'une alliance. Or, elle ne peut obtenir ces fonds par ses propres moyens. L'idée que toutes les autres options, notamment avec British Airways, n'avaient pas été étudiées a en outre été contestée dans la NZZ Am Sonntag par le président du conseil d'administration, Pieter Bouw. Les acheteurs potentiels ne se sont pas pressés au portillon.