Les patrons de PME ne sont pas tous pour l'annualisation de la TVA. Adriana Ilacqva, gérante du garage Ilacqva Scooter à Genève, quatre employés, témoigne. «Ma comptabilité est plus à jour si je la boucle tous les six mois plutôt qu'une fois l'an», par ailleurs, «remplir les formulaires de TVA ne représente pas une tâche spécialement lourde», dit-elle. Comme les autres patrons interrogés par Le Temps, Adriana Ilacqva préfère payer la TVA par petites échéances régulières plutôt qu'en une fois. Un paiement annuel de la TVA impliquerait un décaissement important, vraisemblablement en janvier, à un moment où divers impôts et échéances d'assurances occasionnent des sorties de trésorerie nombreuses.

Charlotte Bateza, gérante du salon de coiffure genevois Flash Live, deux salariés, confie l'ensemble de sa comptabilité à une fiduciaire. «Je ne pense pas qu'une simplification de la TVA diminuerait ses honoraires», déclare-t-elle.

Discours plus nuancé

Jean-Loup Ribordy, responsable administratif et financier de Factory 121, une jeune pousse horlogère valaisanne de huit salariés, tient un discours plus nuancé. «Factory 121 est une toute jeune entreprise. Au début, on a plus acheté que vendu, donc la trimestrialisation de la TVA permet d'être remboursé plus rapidement. Mais payer une fois pour toutes n'est pas plus mal, ça nous économiserait quatre fois deux heures de travail par an!» Les responsables de PME ont d'autres idées de réforme. «Plutôt que la TVA, il faudrait simplifier les déclarations aux différents organismes sociaux concernant le 1er et le 2e piliers (LPP et AVS) et l'assurance perte de gains, sans parler du nouveau certificat de salaire qui s'annonce comme un véritable casse-tête», estime pour sa part Jean-Pierre Ruchat, directeur d'Informatique & Productivité, deux salariés.