L’actualité du groupe français L’Oréal n’est pas toujours celle qu’on croit. Depuis la décision du géant mondial des cosmétiques de retirer, le 27 juin, «les mots blanc/blanchissant (white/whitening), clair (fair/fairness, light/lightening) de tous ses produits destinés à uniformiser la peau», la polémique bat son plein en France sur l’opportunité d’une telle décision, présentée par la firme comme la conséquence de l’effervescence mondiale contre le racisme suscitée par la mort de George Floyd à Minneapolis le 25 mai 2020, lors de son interpellation par des policiers (incarcérés depuis).

Mais dans les faits, une autre décision est, en interne, jugée beaucoup plus importante: celle de nommer, lors de la dernière assemblée générale des actionnaires le 30 juin, deux nouveaux vice-présidents: Françoise Bettencourt Meyers (héritière du fondateur Eugène Schueller et propriétaire avec sa famille de 33,27% des actions du groupe au 31 décembre 2019) et le président de Nestlé Paul Bulcke (le groupe suisse possède 23,27% de l'Oréal). «Les annonces publiques du groupe sont porteuses de changement. Les décisions au sommet de L’Oréal témoignent plutôt du statu quo», juge, sous le couvert de l’anonymat, un membre de l’équipe dirigeante.