La culture biologique de crevettes au Brésil, la mise en bouteille d'eau minérale en Géorgie ou encore la production de vinaigre de mangues au Burkina Faso s'avèrent autant d'idées devenues une réalité. Des entrepreneurs suisses se trouvent à l'origine de ces projets.

Nonobstant une surface financière ou un réseau de contacts parfois limités, ils ont réussi à concrétiser leur ambition. A l'évocation de la gestation de ces projets revient à chaque fois le nom de l'organisation suisse pour faciliter les investissements, Sofi. Présente à Genève dans le cadre du Salon Ema Invest (quatrième salon des investissements et des partenariats), l'organisation créée à l'initiative du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), en collaboration avec le consultant KPMG, s'efforce depuis maintenant cinq ans de promouvoir l'implantation de PME – principalement suisses – dans les pays émergents. La Chine, le Brésil, l'Inde et la Russie – pays au fort potentiel – accueillent la majeure partie des investissements.

Transfert de savoir-faire

«Nous créons l'étincelle qui rend possible certaines idées», explique Stéphane Tomagian. Le membre de Sofi évoque pour illustrer ses propos la naissance d'un joint-venture en Macédoine créé par le zurichois Netcetera, actif dans le développement de logiciels pour le secteur bancaire, et une société locale. La firme helvétique manquait de forces vives. Soucieuse de contrôler ses produits, elle ne souhaitait pour autant pas en sous-traiter sa réalisation. Au courant des ressources mises à disposition par le Seco («start-up fund»), elle fit appel au Sofi pour structurer sa demande de financement préférentiel. «Ce projet illustre un double transfert de savoir-faire, analyse Stéphane Tomagian. D'un côté, les connaissances en management apportées par les Suisses et de l'autre les compétences en informatique des Macédoniens.»

Cinq mille emplois créés

Désireux d'établir un bilan des activités menées par l'organisme après cinq ans d'activités, le Seco a commandé l'an passé un rapport d'évaluation à un consultant externe. Trois cents projets réalisés, 5000 emplois créés, un milliard d'investissements, telles sont les conclusions chiffrées. Même si les compétences apportées par Sofi varient d'une aventure entrepreneuriale à l'autre, ces résultats attestent de son dynamisme. Son appui va de l'information au conseil en passant par le soutien concret de PME lors de l'élaboration de projets. L'institution joue également un rôle actif dans le financement, puisqu'elle joue en Suisse le rôle d'interface entre le secteur privé et les institutions de la Banque mondiale. «Un vrai catalyseur», comme s'applique à résumer Stéphane Tomagian.