La littérature économique a largement démontré les handicaps auxquels les femmes fortes sont confrontées sur le marché du travail. En termes économiques, on dira qu’une relation inverse existe entre le revenu et le BMI. La conclusion est bien moins évidente pour les hommes.

Mais une étude de la Fondation Enrico Mattei (1) ne s’arrête pas au lien entre le poids et le salaire et examine le mécanisme du marché du mariage à l’aune du BMI et du revenu du travail. Ses observations se basent sur des sondages auprès d’individus de 25 à 40 ans, entre 1986 et 2005. C’est sans doute la première étude qui se lance sur cette piste.

Sur le marché du mariage, la corpulence est un handicap. Des études ont déjà montré que l’obésité de l’épouse est négativement corrélée au revenu du mari, à sa formation et à sa taille. A l’inverse, statistiquement un homme obèse ne court pas le risque d’être marié à une femme avec un plus bas revenu. Mais elle pourrait être moins bien formée, ajoutent ces économistes.

Il existe de facto un mécanisme de compensation. «Toutes choses égales par ailleurs», si un individu a un BMI plus élevé, il pourrait travailler plus durement pour compenser un «défaut» physique.

Les auteurs montrent en effet que le handicap d’un poids supérieur peut être compensé par un revenu supérieur. Seulement pour les hommes. Une augmentation d’un point du BMI moyen est associée à un accroissement de 1% d’heures de travail et une hausse de 1,5% du revenu.

Sur le marché du mariage, l’homme peut compenser son excédent de poids par un revenu supérieur s’il travaille davantage., expliquent les deux économistes. Ce n’est cependant pas le cas d’une femme corpulente. «Cela suggère que l’apparence physique de la femme joue un rôle plus important tant sur le marché du travail que du mariage», selon les deux auteurs. Une femme ne peut compenser son surplus pondéral. Les aspects physiques de l’homme ont moins de valeur dans le couple que ceux de la femme.

(1) Fatter attraction: Marital status and the Relationship between BMI and Labor Supply, Sonya Oreffice, Climent Quintana-Domeque, Nota di Lavoro, Fondazione ENI Enrico Mattei, 2009