Financement

L’ouvre-lettres du lausannois Kosha expérimente le crowdfunding

La société recherche 12 000 francs sur le site américain Kickstarter. L’opération, qui se terminera le 11 novembre, touche à son but (avec vidéo)

Mise à jour le 11 novembre 2015: 13 095 francs levés


La société lausannoise Kosha souhaiterait obtenir 12 000 francs, via le site de financement participatif américain Kickstarter. L’opération de crowdfunding qui a démarré le 12 octobre se terminera dans un peu plus d’une semaine, le 11 novembre. L’atelier de design aimerait trouver des fonds pour lancer la production de son ouvre-lettres aux allures d’hirondelle stylisée. Lundi matin 2 novembre, la somme de 11 800 francs était déjà promise par différents donateurs, dont près de 30% de proches de l’entreprise. Le bureau lausannois parviendra-il à récolter les fonds désirés? Arrivera-t-il même à dépasser ces 12 000 francs? Le Temps suivra l’opération jusqu’au 11 novembre.

Kosha laza from Le Temps on Vimeo.

Si l’objectif est atteint, le site américain prélèvera 4% de commission sur les fonds récoltés. Les donateurs recevront leur oiseau nominatif. Quant à la start-up, elle pourra lancer la production de son ouvre-lettres qui sera mis en vente avant les fêtes de Noël. En revanche, si le montant visé n’est pas atteint, Kosha ne touchera pas un centime sur les 11 800 francs déjà promis.

L’entreprise lausannoise aurait pu passer par un site suisse de financement participatif, à l’exemple de Wemakeit. La concurrence y est beaucoup moins importante, ce qui permet à un projet d’être plus facilement «repérable» par les investisseurs potentiels. «Nous avons choisi le site américain car nous voulions toucher une clientèle internationale. Le trafic y est plus important», explique Claudio D’Amore, fondateur de Kosha. Revers de la médaille: la concurrence y est beaucoup plus intense.

«S’il fallait donner un conseil, je procéderais différemment, explique Claudio D’Amore, un diplômé de l’écal, l’Ecole cantonale d’art de Lausanne. Il faut davantage communiquer avant sa campagne de crowdfunding, créer une communauté via les réseaux sociaux, l’impliquer et l’intéresser sur l’avancement d’un projet. Nous avons sous-estimé cet aspect», analyse-t-il avec le recul.

Il s’agit ainsi d’une nouvelle façon de communiquer pour la société lausannoise qui a l’habitude de travailler dans la discrétion. Tag Heuer, Montblanc, Van Cleef & Arpels, Parmigiani ou encore Logitech sont quelques-unes des marques que l’atelier compte parmi ses quarante clients.

En 2010 Claudio D’Amore a lancé la marque Kosha afin de commercialiser des créations maisons. Après la conception d’un meuble de lecture et de méditation, la société de cinq personnes s’oriente désormais essentiellement vers la création et la vente de petits objets design en inox, à l’exemple de marques pages en forme de plume, de pendentifs, boucles d’oreilles ou ouvre-lettres. «Nous aimons détourner des objets du quotidien pour qu’ils insufflent joie et bonne humeur. Notre ouvre-lettres permet de découvrir ses factures avec un peu de bonheur», note Claudio D’Amore. Et d’ajouter: «Même si la technologie se développe à tout va, le papier reste important. L’un ne va pas contre l’autre. Ce sont deux notions différentes.»

L’atelier a déjà vendu 15 000 marques pages en Suisse romande dont le prix s’échelonne de 69 à 99 francs. La commercialisation se fait via le site de la société. Parallèlement, un distributeur propose les objets de Kosha à des boutiques cadeaux, des papeteries haut de gamme et des musées. Après la Suisse, les ventes viennent de démarrer sur le marché français.

«Avec la cherté du franc, il était devenu trop onéreux de produire à la Chaux-de-Fonds», note Claudio D’Amore qui reste discret sur les ventes de l’entreprise. Les finitions et les créations sont en revanche toujours réalisées depuis Lausanne.

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