Que les locataires en prennent bonne note: quinze mois après la dernière adaptation (de 2,5 à 2,25%), le taux hypothécaire de référence pour les loyers a reculé de 2,25 à 2%. Dès aujourd’hui, mardi, a indiqué hier l’Office fédéral du logement (OFL), les locataires ont en principe le droit d’obtenir une baisse de loyer de 2,91%. Soit, par exemple, une réduction de 43,65 francs sur un loyer de 1500 francs.

Cette adaptation, réclamée depuis longtemps au vu du niveau historiquement bas des taux, est-elle néanmoins suffisante pour convaincre des ménages de renoncer à accéder à la propriété? «Il ne faut pas s’attendre à un effet significatif sur les comportements», coupe Thomas Veraguth, économiste d’UBS. D’après Hervé Froidevaux, directeur de Wüest & Part­ner, il s’agit de se poser les bonnes questions: les prix immobiliers vont-ils vraiment reculer? Et les loyers, vont-ils continuer à baisser? Dans la foulée, il fournit la réponse à la deuxième question: «Il faut plutôt s’attendre à ce que les loyers remontent.» «Il est très probable que nous ayons atteint ici le niveau le plus bas du taux de référence», renchérit Thomas Veraguth. Qui prévient: ceux qui décideraient de s’orienter maintenant vers la location s’exposent à une hausse de leurs loyers.

Le 30 juin dernier, jour de référence pour le calcul de l’OFL, le taux moyen pondéré des créances hypothécaires en Suisse se situait à 2,09%, contre 2,14% à fin mars. Ce qui a permis l’adaptation annoncée lundi. Mais le décalage temporel entre ces coups de sonde et la réalité du marché fait que «cette image est un peu faussée», reprend Hervé Froidevaux. Ces derniers mois, les banques ont plus eu tendance à remonter leurs taux hypothécaires que le contraire.

Hausses systématiques

Selon l’OFL, l’indice de référence se maintiendra tant que le taux d’intérêt moyen reste entre 1,88% et 2,12%. «Nous ne voyons pas les taux remonter rapidement, plutôt graduellement. Un retour à 2,25% est envisageable dans six à douze mois, et à 2,5% dans plus d’une année», selon le spécialiste d’UBS.

Hervé Froidevaux rappelle aussi que, davantage que les baisses, les ajustements à la hausse sont généralement opérés de manière systématique par les bailleurs. «Pour autant que le nouveau loyer corresponde encore au prix du marché. Sinon, ils risquent de perdre des locataires.» Autrement dit, sur les nouveaux baux avec un loyer actualisé, une hausse sera moins facilement répercutée que dans le cas d’un ancien contrat, dont le prix est resté inférieur à ceux du marché.

«Les locataires qui n’ont pas manqué de signaler à leur bailleur qu’ils avaient droit à une baisse ne seront sans doute pas oubliés lorsque les taux remonteront», signale encore Hervé Fro idevaux.