Bonne nouvelle pour les locataires. L’Office fédéral du logement (OFL) a baissé mardi le taux hypothécaire de référence d’un quart de point à 3,25%, avec entrée en vigueur dès mercredi. Concrètement, cette nouvelle référence signifie que les locataires dont le loyer est établi sur la base d’un taux à 3,5% ou plus sont en droit de réclamer immédiatement (avec un préavis de trois mois) une baisse de leur loyer, laquelle se monte à 3% au maximum par quart de point de baisse.

Ces réductions ne sont pas automatiques: elles doivent être expressément demandées. «Nous appelons les locataires à vérifier leurs contrats de bail et, le cas échéant à demander une réduction de loyer après de leur régie. Nous estimons qu’une majorité d’entre eux devrait y avoir droit», commente le conseiller national Carlo Sommaruga, secrétaire général de la section romande de l’Association suisse des locataires (Asloca), contacté par Le Temps. Il relativise toutefois l’ampleur de la baisse qui peut être attendue, car le taux hypothécaire de référence n’est qu’une composante de l’indexation des loyers. Les bailleurs peuvent y intégrer 40% de l’inflation ainsi que l’évolution des frais d’entretien des immeubles.

Jusqu’à l’automne dernier, les loyers étaient indexés sur la base des taux hypothécaires variables des banques cantonales. Très volatile, la méthode ne satisfaisait ni les représentants des locataires, ni les propriétaires, ni d’ailleurs les banques. C’est la raison pour laquelle les partenaires s’étaient finalement mis d’accord, après des années de polémiques, pour que l’OFL fixe une référence calculée sur la base de la moyenne de l’ensemble des crédits immobiliers en cours en Suisse.

Cette méthode a l’avantage d’atténuer les fluctuations à la hausse. Revers de la médaille, les révisions à la baisse sont également plus lentes. Il faut ainsi noter que la plupart des banques cantonales ont ramené leur taux hypothécaire variable à 3,25% dès l’automne dernier. Depuis lors, cette référence n’a fait que reculer. Actuellement, la Banque cantonale de Genève applique un taux variable allant de 2,875% à 3,875%, en fonction du profil du client. Cette référence est de 2,9% à la Banque cantonale vaudoise et même de 2,5% à la Banque cantonale de Zoug. Les locataires n’en profitent donc que partiellement. Et avec retard.

«Tout le monde a été pris de court. Ni les représentants des locataires, ni l’OFL n’avaient pensé que l’évolution du taux de référence allait se faire aussi lentement», avoue Carlo Sommaruga. «Vu que les propriétaires prennent de plus en plus souvent des taux fixes, la méthode s’avère néanmoins clairement favorable à ceux qui louent leur logement, car la hausse sera aussi lente que les baisses. Pour ces prochaines années, nous sommes presque assurés que le taux de référence restera stable», conclut-il

Etant donné le contexte économique actuel, qui contraint les banques centrales à pratiquer des politiques monétaires ultra-expansionnistes, il n’est en outre pas complètement exclu que le taux calculé par l’OFL soit une fois encore abaissé cette année. Il tomberait alors à 3%, soit le niveau qui prévalait il y a trois ans. Les locataires pourraient alors demander une nouvelle réduction de leur loyer.