Le Temps: SAirGroup assumera-t-il seul les coûts de restructuration de LTU?

Philippe Bruggisser: Oui, mais en contrepartie Rewe apporte son réseau de vente.

– LTU a perdu en 1999 près de 200 millions de francs. Vous allez y injecter encore 347 millions. La facture est salée.

– Il faudra juger dans trois à quatre ans, mais dès 2002 LTU devrait dégager des profits. Je vous rappelle, de plus, que SAirGroup profite déjà de LTU qui lui permet de générer du trafic.

– En France les syndicats sont hostiles au projet de fusion de AOL, Air Liberté et Air Littoral. Vous ne craignez pas un échec?

– Avec Paul Reutlinger, nous disposons de la personne idéale pour discuter avec les syndicats. Mais il clair que les négociations ne seront pas aisées, raison pour laquelle nous avons provisionné 360 millions de francs.

– Le cycle du transport aérien est au plus bas. Voyez-vous les signes d'une reprise?

– Je vois une amélioration qui se profile, mais elle doit encore être confirmée. Les prix du kérosène sont difficilement prévisibles, mais les surcapacités devraient se réduire avec la privatisation de nombreuses sociétés nationales.

– Dans les milieux financiers, certains spécialistes verraient d'un bon œil une entrée en Bourse des activités connexes au transport aérien. Y pensez-vous?

– Pour le moment ce n'est pas un scénario envisagé.

Propos recueillis par A. My