L' exode n'en finit pas à l'UBS. Signe d'un mécontentement flagrant, le nombre d'employés qui passent avec armes et bagages dans d'autres établissements bancaires augmente sensiblement. Mathis Cabiallavetta, l'actuel directeur général de l'UBS et futur président du conseil d'administration de la nouvelle banque est sur le gril. Il faut dire que, depuis que la Commission fédérale des banques (CFB) et la Banque d'Angleterre ont décidé de mener une enquête sur les pertes accumulées par l'UBS de Londres, il y a le feu dans la maison comme le dit si bien la SonntagsZeitung.

Le quotidien dominical rapporte que, selon des informations internes à la banque, la situation devient de plus en plus délicate pour Mathis Cabiallavetta. Selon Daniel Zuberbühler, le directeur de la CFB, «l'enquête peut même durer plus longtemps que prévu». Dans cette affaire, la quête de témoins est l'élément principal. Hans-Peter Bauer et Ramy Goldstein sont les deux témoins primordiaux que Daniel Zuberbühler désire entendre ardemment. C'est Hans-Peter Bauer qui risque d'être le plus dangereux pour «Cab», le surnom du futur président de la nouvelle UBS. Il fut limogé en décembre de l'année dernière après que les pertes sur dérivés furent divulguées. Hans-Peter Bauer serait enclin à donner plus d'informations à la CFB. Depuis 1993, ce dernier avait rédigé des mémos internes mettant en garde contre le contrôle laxiste qui régnait sur les produits dérivés, ainsi que sur la trop grande liberté accordée à Ramy Goldstein.

Un conseil que Mathis Cabiallavetta aurait décliné. En effet, Ramy Goldstein aurait permis à l'UBS d'engranger de substantiels bénéfices. De même, selon la presse anglo-saxonne, dans le vote sur l'action unique, il aurait permis à la banque de gagner – avec une infime majorité – la partie contre Martin Ebner.

La tourmente qui s'abat autour de Mathis Cabiallavetta ne rassure pas les employés de l'UBS. A tel point que les défections deviennent de plus en plus importantes. La semaine dernière, la débâcle a touché la place de Zurich. Selon un vice-directeur de l'UBS, cité par le quotidien, «c'est un exode» qui grève même la marche des affaires. Certains départements ont de la peine à fonctionner. Ainsi, la semaine dernière, après que les employés de l'UBS eurent obtenu leur bonification, la banque a enregistré 25 défections. La Banque Cantonale de Zurich voit ainsi une équipe entière de cinq personnes rejoindre son établissement.

Reste que le mécontentement est plus général. Même si Marcel Ospel, président de la Société de Banque Suisse et futur directeur général de la nouvelle UBS, a clairement indiqué que «ce sont les meilleurs qui continueront» dans la nouvelle entité, les faits ne semblent pas être suivis des intentions. «Souvent nos résultats sont meilleurs que ceux des employés de la SBS, mais malgré cela nous sommes dégradés et limogés», se plaint un employé consterné.