«Qu’attend le gouvernement? Ce n’est pas dans la salle du Conseil fédéral que les problèmes vont se régler: nos partenaires se trouvent à Washington, Bruxelles, Paris et Berlin.» Le PDC, auteur de ces lignes, et l’UDC se sont montrés particulièrement offensifs, mardi, contre le Conseil fédéral.

A l’issue de leurs séances de groupe respectives, consacrées à la crise, à l’UBS et au secret bancaire, les deux formations – dont les ministres Doris Leuthard et Ueli Maurer ne font pas partie de la délégation stratégique du gouvernement – ont en particulier critiqué Hans-Rudolf Merz et Micheline Calmy-Rey.

Mais les instances concernées par le traitement de la demande d’entraide administrative des Etats-Unis, à savoir le Tribunal administratif fédéral, l’Administration fédérale des contributions et l’Office fédéral de la justice se sont également retrouvés sous le feu de la critique. Christoph Blocher, «furieux», a réclamé, lors d’une conférence de presse, «la constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour examiner cette affaire». Les négligences, a exigé l’ancien conseiller fédéral, doivent être «sanctionnées». Enfin, pour l’UDC et le PDC, le Conseil fédéral doit veiller à ce que le tempo du traitement des procédures d’entraide judiciaire et administrative accélère.

Défense du secret bancaire

Concernant le secret bancaire, Christoph Blocher, qui s’est du reste montré réservé sur le potentiel du voyage d’Eveline Widmer-Schlumpf aux USA, a rappelé qu’il était hors de question aux yeux de son parti de remettre en cause la distinction opérée par la Suisse entre évasion et fraude fiscales. L’UDC se «battra, si nécessaire par voie de référendum» contre tout «affaiblissement au niveau de la loi». En revanche, le PDC, qui ne voit pas de raison d’abolir cette distinction pour la Suisse, est quant à lui prêt à la remettre en cause pour ce qui est des capitaux étrangers.

Enfin, la majorité du groupe UDC a décidé, par 45 voix contre 5 avec 5 abstentions, et en l’absence d’une dizaine de membres, de soutenir la motion de deux commissions du National. Ce texte, a expliqué le vice-président du groupe Jean-François Rime, va moins loin, mais dans la même direction que les exigences formulées par Christoph Blocher. Il demande notamment que les activités d’UBS à l’étranger soient séparées de celles menées en Suisse, que la Confédération siège au conseil d’administration de la banque pour la durée de son engagement et que les salaires des hauts responsables soient adaptés à ceux des entreprises fédérales telles que Swisscom ou La Poste.