Au moment où des pays comme la Suisse mettent en place leur dispositif de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, les spécialistes discutent de l'après-Kyoto où il s'agira de réduire substantiellement les émissions. Reprenant des formules adoptées début mars par les ministres de l'Environnement, les dirigeants européens proposent que «le groupe des pays développés envisage des profils de réductions d'émissions de l'ordre de 15 à 30% d'ici à 2020 et de 60 à 80% d'ici à 2050» par rapport au niveau de 1990. Entré en vigueur le 16 février, le Protocole de Kyoto, qui fixe une réduction de 5,2% des émissions d'ici à 2012 par rapport à 1990, prévoit l'ouverture de négociations fin 2005 aux Nations unies pour l'après 2012. Si les propositions chiffrées européennes ne s'appliquent qu'aux pays industrialisés, les dirigeants européens veulent «aussi examiner les moyens d'associer efficacement les pays grands consommateurs d'énergie, y compris ceux appartenant aux pays émergents et en développement». Selon certaines prévisions, l'Asie du Sud pourrait représenter 40% des émissions en 2050 contre 8% pour l'UE et 12% pour l'Amérique du Nord.