L’UE insiste sur les réformes malgré l’euroscepticisme

Stratégie La Commission publie ses recommandations pour rétablir la confiance

La montée de l’euroscepticisme mise en évidence lors des récentes élections européennes n’est pas une raison pour relâcher l’effort de redressement des finances publiques. Pour la Commission, il n’est pas question de mettre en veilleuse les mesures, certes difficiles, prises depuis quatre ans, qui commencent à porter des fruits.

«Les faits sont là, a affirmé José Manuel Barroso, président de la Commission, en présentant, lundi, les recommandations à l’intention des Vingt-Huit. Pour le quatrième exercice du genre, il a souligné que cette fois-ci, il ne s’agit pas d’agir dans l’urgence face à la crise, mais de renforcer les conditions qui mèneront à un décollage durable. «L’économie européenne a retrouvé le chemin de la croissance; la courbe du chômage s’inversera cette année; les marchés financiers sont stabilisés et l’état des finances publiques continue à s’améliorer, a-t-il poursuivi. C’est le retour de la confiance indispensable pour stimuler les investissements.»

José Manuel Barroso s’est félicité du nombre de pays dont les finances publiques rentrent progressivement dans l’ordre. Il y a quatre ans, 24 pays devaient accepter des sacrifices dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs, c’est-à-dire qu’ils accusaient des déficits supérieurs aux 3% autorisés par les critères de convergence. Ce lundi, la Commission a recommandé que six d’entre eux sortent de ce régime. L’an prochain, sept autres en feront autant. «Les efforts doivent également se poursuivre sur la réduction de la dette publique à 60% du PIB, contre 100% actuellement», a exhorté le président de la Commission.

Aucun pays n’a échappé aux recommandations prescrites par la Commission. Celles-ci ne concernent pas uniquement des mesures d’économies. Il y va également de mesures sociales (formation et apprentissage, aide aux sans-emploi) à prendre là où le chômage est le plus insupportable. Ou encore d’investissements pour générer la croissance et l’emploi. Pour José Manuel Barroso, la Banque européenne d’investissement, des obligations liées à des projets d’infrastructures, le crédit pour les PME et des capitaux privés peuvent être mobilisés.

France, Italie, Allemagne

Parmi les pays les plus surveillés et qui avaient fait l’objet de recommandations spécifiques en 2013: la France, l’Italie et l’Allemagne. Hier, la Commission s’est dite plutôt satisfaite du pacte de responsabilité annoncé au début de l’année, au coût de 50 milliards d’euros, pour les entreprises. Paris s’est engagé à ramener son déficit à 3% du PIB en 2015. «C’est un pas dans la bonne direction, a déclaré Olli Rehn, le commissaire à l’Economie. Mais il faut poursuivre la mise en œuvre du programme jusqu’au bout.» Par rapport à la France, José Manuel Barroso a estimé que l’impatience dont ont fait preuve les Français lors des élections européennes, en votant massivement pour le courant europhobe, ne devrait pas faire dérailler les efforts en cours.

Les recommandations pour l’économie italienne étaient aussi attendues lundi. La stratégie de relance mise en place par le gouvernement de Matteo Renzi est bienvenue; elle n’est pas contradictoire avec les réformes recommandées par la Commission.

Pour l’Allemagne, comme en 2013, la Commission demande de donner un coup de fouet au marché intérieur, notamment en augmentant le pouvoir d’achat. Ce ­serait bon pour l’économie nationale, mais aussi européenne.