La Commission européenne a lancé jeudi une enquête antidumping contre les fabricants chinois de panneaux solaires. Cette procédure fait suite à la plainte d’un groupement d’entreprises européennes présentes dans le secteur. «La Commission européenne a lancé aujourd’hui une enquête antidumping concernant les importations de panneaux solaires et de leurs principaux composants de Chine», a-t-elle indiqué. Concernant cette plainte, elle a précisé qu’il s’agit de «la plus importante reçue à ce jour par Bruxelles en matière de dumping».

La Chine a mis en garde contre les problèmes que susciteraient d’éventuelles pénalités. «La Commission européenne a décidé de lancer l’enquête antidumping en dépit d’appels répétés de la Chine pour résoudre le différend sur les produits photovoltaïques par la consultation et la coopération. La Chine le regrette vivement», a déclaré le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.

EU ProSun, un groupe de plus de 20 fabricants européens de panneaux solaires, a appelé en juillet la Commission européenne à imposer des droits de douane punitifs aux fabricants chinois. Ils accusent ces derniers de recevoir des subventions de Pékin et de vendre leurs produits à des prix inférieurs aux coûts de production.

Quinze mois

L’UE a décidé de lancer l’enquête suite à des éléments fournis par EU ProSun faisant état «d’effets négatifs substantiels sur la situation financière du secteur» en Europe résultant de ces avantages accordés aux fabricants chinois.

«L’enquête prendra quinze mois au total, même s’il est possible d’imposer des mécanismes de défense commerciale en neuf mois, si les preuves sont suffisantes», a précisé la Commission européenne.

D’éventuelles barrières imposées aux produits chinois du secteur nuiraient aux deux parties ainsi qu’au «développement sain de l’industrie photovoltaïque et des énergies propres», selon le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Shen Danyang.

Plus de 60% des exportations chinoises de produits photovoltaïques – qui ont atteint l’an dernier 35,8 milliards de dollars (34,3 milliards de francs) – étaient destinées à l’UE, selon les fabricants chinois. Ceux-ci soulignent avoir importé d’Europe pour 7,5 milliards de dollars d’équipements et de matières premières.