Agrochimie

L'UE et Washington autorisent sous conditions la fusion entre Syngenta et ChemChina

Face au plus important projet de fusion lancé par un groupe chinois à l’étranger, la Commission de la concurrence américaine exige la cession de trois pesticides par Syngenta. L’Union européenne a également donné son feu vert

La Commission de la concurrence américaine (FTC) a donné mardi son accord sous conditions à la fusion entre le géant chinois de la chimie ChemChina et son concurrent suisse Syngenta en exigeant toutefois qu’ils cèdent trois pesticides. Il s’agit de la plus grosse opération de fusion jamais lancée par un groupe chinois à l’étranger.

Les produits devant être cédés sont l’herbicide paraquat, de l’insecticide abamectin et du fongicide chlorothalonil, a précisé la FTC dans un communiqué. Ces trois marques appartiennent à Syngenta et la fusion avec ChemChina donnerait aux deux groupes une position dominante sur le marché américain car ChemChina en contrôle les versions génériques par le biais du groupe israélien Adama qu’il possède déjà, a-t-on précisé de même source.

Adama est le premier ou le deuxième fournisseur de produits génériques aux Etats-Unis pour chacun de ces trois produits, a souligné la FTC à l’appui de sa demande.

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«Sans ces désinvestissements, la fusion éliminerait toute concurrence directe entre les produits génériques de la filiale Adama de Chemchina et les marques de Syngenta. La fusion augmenterait la possibilité que les clients américains achetant du paraquat, de l’abamectin et le chlorothalonil doivent payer des prix plus élevés ou accepter une prestation amoindrie pour ces produits», souligne le régulateur.

Feu vert de l’Union européenne

ChemChina, un groupe étatique, avait proposé au début 2016 d’acquérir Syngenta pour 43 milliards de dollars (quelque 37,9 milliards d’euros à l’époque, 40 milliards d’euros actuels) par le biais d’une offre publique d’achat (OPA). Le Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS) avait déjà donné son accord à cette fusion en août.

La Commission européenne a également autorisé le rachat, avec une condition similaire: la cession d’une partie de l’activité pesticides en Europe du géant chinois de la chimie. «Il importe pour les agriculteurs et, en fin de compte, pour les consommateurs européens, que la concurrence soit effective sur les marchés des pesticides, même après le rachat de Syngenta par ChemChina», a souligné la Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, citée dans un communiqué.

Ce feu vert n’est pas une surprise. «ChemChina a proposé d’importantes mesures correctives, qui répondent pleinement à nos préoccupations en matière de concurrence, ce qui nous a permis d’autoriser l’opération», a-t-elle ajouté.

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Elle avait autorisé la semaine dernière une autre fusion géante dans le secteur de la chimie, celle des groupes américains Dow Chemical et DuPont qui, en revanche, attend toujours l’accord des autorités de la concurrence américaines. Une troisième fusion entre groupes agrochimiques, celle de l’allemand Bayer et de l’américain Monsanto est également en cours d’examen par les autorités de la concurrence sur les deux rives de l’Atlantique.

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