Lueur d’espoir pour l’industrie chinoise

C’est un tout petit chiffre mais il va certainement être abondamment commenté. Dans une période où le pessimisme est à la hausse au sujet de l’industrie chinoise, l’indice «flash PMI» concernant la production manufacturière dans le pays, publié ce matin, s’est situé à un niveau supérieur aux anticipations des économistes, et même au mois précédent. D’après HSBC et Markit, qui publient cette statistique mensuelle, l’indice provisoire pour le mois de septembre s’est établi à 50,5, contre 50,2 en août. Si ce chiffre était confirmé de façon définitive, cela pourrait pointer un rebond de l’activité industrielle, après un été plutôt sombre sur ce plan. En août, la croissance de la production industrielle avait atteint son plus faible niveau depuis la fin 2008.

Or cette tendance ne semble pas facile à enrayer, en particulier du fait que le secteur immobilier ne se porte pas bien. Dans ce contexte, Pékin est obligé d’opter pour des mesures de relance modérées, afin de ne pas trop endetter l’économie. D’après le «Shanghai Securities News» d’aujourd’hui, une des quatre grandes banques chinoises s’apprêterait notamment à faciliter le crédit immobilier, suivant en cela la consigne probablement donnée par Pékin au cours des tout derniers jours. Sur une base locale, les villes prennent également des mesures pour stimuler leur marché immobilier. Les deux dernières en date sont Nanjing et Fuzhou. Après avoir longtemps limité les transactions immobilières afin d’enrayer la surchauffe, elles viennent d’annoncer des dispositifs visant l’objectif inverse, afin de stimuler la demande.

Sur les 46 villes qui avaient imposé des limitations au marché immobilier, il n’en reste plus que 6 à ne pas les avoir encore supprimées. Il reste à savoir si ces coups de pouce porteront leurs fruits. Une autre étude sur l’économie chinoise, publiée ce matin par le «Beige Book» américain, pointe une très faible demande de crédit de la part des investisseurs, faute de visibilité sur l’avenir. Le rapport du «Beige Book» dépeint donc une économie chinoise coincée dans un rythme de croissance faible, mais n’est pas alarmiste pour autant: il note en particulier que la rentabilité des sociétés est à la hausse, et que le marché de l’emploi s’est ressaisi.

Tokyo et Washington tentent de désensabler le TPP

Le ministre japonais de l’économie, Akira Amari, arrive aux Etats-Unis aujourd’hui pour tenter de redonner vie au projet de création du plus grand accord de libre-échange de la planète, le partenariat transpacifique ou «TPP». Si douze pays de la région Asie-Pacifique sont impliqués dans le lancement de cette gigantesque zone de libre-échange couvrant près de 40% du PIB mondial, la plupart des capitales sont contraintes d’attendre la fin des négociations bilatérales entre les Etats-Unis et le Japon, les deux plus grandes économies de la zone. Et ces pourparlers semblent bloqués.

Shinzo Abe, le premier ministre nippon, a promis des discussions sans tabou et promet d’enclencher une nouvelle phase d’ouverture des marchés japonais, très difficiles d’accès aux producteurs étrangers, mais Tokyo a, dans la réalité, refusé de braquer les lobbies agricoles, réputés proches de l’exécutif. Le Japon veut protéger ses «produits sacrés» tels que le sucre, le riz ou encore le bœuf. Face à ces réticences, Washington ne peut faire preuve de souplesse car les négociateurs du gouvernement de Barack Obama redoutent de voir leur éventuelle «faiblesse» instrumentalisée dans la campagne pour les élections de mi-mandat programmées début novembre.

Les pourparlers devraient dès lors ne s’accélérer qu’après ce vote américain et pourraient, si Tokyo et Washington se montrent prêts à des «sacrifices», déboucher sur de premières annonces lors du forum de l’APEC qui se tiendra plus tard en novembre à Pékin, en présence de Barack Obama et de Shinzo Abe. Si les Etats-Unis et le Japon venaient à rater cette échéance, la dynamique de négociation serait rompue et le lancement du TPP serait repoussé de plusieurs mois, voire de plusieurs années, à la grande satisfaction de la Chine qui, n’étant pas associée au projet, voit d’un mauvais œil le tissage, par les Etats-Unis, de nouvelles solidarités économiques dans la zone.

Le japonais J Trust s’offre une banque indonésienne

Le gouvernement indonésien a confirmé, hier soir, que le groupe de services financiers japonais J Trust allait finalement débourser 4.500 milliards de roupies indonésiennes (376 millions de dollars) pour racheter 99,9% de la petite banque indonésienne Bank Mutiara qui est actuellement gérée par une institution publique. Bank Mutiara, qui était autrefois connue dans le pays sous le nom de «Bank Century», avait été sauvée par le gouvernement indonésien dans la crise financière de 2008 et avait été confiée à la Deposit Insurance Corporation (LPS).

Le gouvernement qui avait injecté plus de 500 millions de dollars dans la banque lors de son sauvetage semble décidé à revendre la société rapidement et ne prévoit pas, cette fois, d’imposer un quota limitant la part des étrangers dans son capital. Lors de précédentes transactions, les autorités de Djakarta avaient signalé, avec la mise en place de réglementations plutôt protectionnistes, qu’elles ne souhaitaient pas que leur système bancaire soit contrôlé par des investisseurs étrangers.

L’an dernier la banque singapourienne DBS Bank avait ainsi abandonné son projet de prise de contrôle de l’indonésienne Bank Danamon. Les analystes pourraient voir dans le rachat de Bank Mutiara par un acteur japonais le signe d’un assouplissement du protectionnisme des autorités. Les investisseurs étrangers pourraient dès lors s’intéresser à nouveau au paysage bancaire indonésien.