Le Temps: L'an passé, le Credit Suisse Group (CSG) n'a pas seulement annoncé le rachat de la banque d'investissement Donaldson Lufkin Jenrette (DLJ) aux Etats-Unis. L'annonce d'un partenariat avec Microsoft dans le domaine d'Internet ou celle de discussions avec la Deutsche Post ont été significatives d'une tendance du CSG à initier des partenariats. Vrai ou faux?

Lukas Mühlemann: Nous voulons effectivement poursuivre une stratégie de partenariat avec plusieurs entreprises. Microsoft est un exemple de ce que nous voulons faire pour arriver à trouver de nouveaux canaux de distribution pour nos produits et développer un potentiel pour nos activités bancaires et financières. Le CSG a un intérêt bien compris à aller dans cette voie et nous sommes prêts à expérimenter ces nouvelles possibilités de développement de nos affaires que sont les partenariats.

– Qu'en est-il d'un partenariat éventuel avec La Poste et la banque qu'elle veut créer?

– Le développement vers les banques postales nous intéresse beaucoup. Dans ce contexte, nous sommes ouverts à la discussion et recherchons des opportunités de collaboration. C'est le cas avec la Deutsche Post. En ce qui concerne le projet suisse de banque postale, nous sommes bien entendu ouverts à l'idée d'une nouvelle concurrence. Mais celle-ci devra se faire avec les mêmes règles du jeu que nous devons suivre.

– Dans le CSG, la division Credit Suisse Asset Management est celle qui contribue le moins au bénéfice…

– Le CSAM a pourtant très bien travaillé avec un bénéfice opérationnel en hausse de 32%. Il faut cependant savoir que les marges sont très réduites dans la gestion institutionnelle. Par ailleurs, cette division est une source importante de savoir-faire pour les autres activités du groupe, notamment pour le Credit Suisse Private Banking. C'est en quelque sorte l'usine du groupe. Faire une acquisition pour stimuler le CSAM? Nous venons juste d'y intégrer Warburg Pincus…