Sans pointer le doigt spécifiquement sur un quelconque pays, le président brésilien Luis Ignacio Lula da Silva a sévèrement critiqué les paradis fiscaux comme l’un des responsables de la crise financière et économique. «Il faut adopter une attitude dure contre les paradis fiscaux et les spéculateurs qui ne fabriquent aucune richesse et qui ne créent aucun emploi, mais qui ont plongé le monde dans cette catastrophe», a-t-il déclaré lors du Sommet sur l’emploi qui a lieu de lundi à mercredi à Genève. Organisé par le Bureau international du travail, l’événement a pour objectif de dégager un Pacte pour l’emploi et la protection sociale, dans le but de minimiser les conséquences de la crise.

«Nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi le cours du pétrole est passé de 30 à 150 dollars en deux mois, a-t-il poursuivi en parlant de la responsabilité des spéculateurs dans la crise. Tout comme c’est impossible de savoir comment les prix des matières premières agricoles ont doublé dans une très courte période.» Pour le président brésilien, il s’agit bien de la responsabilité de spéculateurs et d’un système financier qui permet ces abus.

Le président Lula a également dénoncé le Fonds monétaire international, qui prescrit des remèdes aux pays en développement depuis plusieurs décennies. «Mais quand il fallait prévoir et agir pour guérir les économies malades aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, il n’a rien proposé», a-t-il ironisé. De la même façon, les grandes banques internationales qui passent leur temps à analyser les risques des pays émergents, ont apparemment oublié leurs propres risques». Le Brésilien tient ces dernières pour responsables de la crise pour avoir également fait le jeu des spéculateurs.

S’adressant aux employeurs et aux travailleurs, le président Lula, ouvrier mécanique et syndicaliste en son temps, a plaidé en faveur des mesures pour la création d’emplois en grand nombre pour soulager les victimes de la crise. «Au Brésil, nous avons mis en place un programme de construction d’un million de logements comme une mesure de relance économique», a-t-il expliqué. Le dirigeant sud-américain a été chaudement applaudi par les quelque 4000 délégués qui se réunissent à Genève dans le cadre de l’assemblée annuelle du BIT.

Ouvrant le Sommet sur l’emploi, le directeur du BIT a rappelé que le nombre de chômeurs devrait augmenter, pour se situer entre 210 à 239 millions à la fin de l’année, ce qui donnerait un taux de chômage mondial de 6,8 à 7,4%. Selon lui, la création d’emplois et la protection sociale doivent rester la priorité de tous les plans de relance mis en place par les divers gouvernements.

Le président français Nicolas Sarkozy devrait défendre sa vision de la crise et de la création d’emploi cet après midi.