Pas d'immense colère, ni de menace de grève immédiate. Les syndicats se disent tout au plus déçus. L'ultimatum qu'ils avaient fixé au 30 novembre pour trouver une solution au plan social s'est écoulé sans résultat concret. «Il est scandaleux que la Confédération en tant qu'investisseur (dans la nouvelle Crossair, ndlr) se lave une fois de plus les mains», a néanmoins réagi Rémy Pagani, délégué romand aux transports aériens auprès du Syndicat des services publics (SSP/VPOD). Encore une fois, syndicats romands et alémaniques réagissent différemment. Alors que les premiers se réuniront en assemblée lundi soir au terminal charter de Cointrin pour informer le personnel des derniers événements et décider des mesures de lutte, les seconds ont préféré la retenue en raison de la proximité du crash de Crossair et ont renvoyé leur assemblée du 3 au 10 décembre.

Jeudi, René Zurin, secrétaire pour le trafic aérien au SSP zurichois, déclarait même que l'ultimatum n'était plus d'actualité, dans la mesure où une solution était activement recherchée. UBS et le Credit Suisse, actionnaires majoritaires de Crossair, ont en effet confirmé vendredi être en train d'étudier le financement par un crédit-relais du plan social en faveur des ex-employés du groupe Swissair. «Nous allons examiner la possibilité d'octroyer un crédit-relais sur une base commerciale, en fonction du montant que représente la masse en faillite», a déclaré Christoph Meier, porte-parole de UBS.

Peur du licenciement

Si les syndicats restent prudents, c'est qu'ils sont aussi confrontés à un autre problème: les employés qui n'ont pas encore été licenciés craignent de perdre leurs postes s'ils décident de rejoindre un mouvement de grève, explique Erhard Lang, du syndicat FTMH-Unia. Ce dernier ajoute par ailleurs que, maintenant, c'est aussi la baisse de salaire du personnel de cabine (9,4%) et des pilotes (25%) qui les préoccupe. Cette dernière a été imposée au syndicat du personnel de cabine Kapers sans consultation avec ses membres (Le Temps du 30 novembre). A Genève, le SSP déclare soutenir la pétition des employés de Kapers pour exiger de leur syndicat qu'il organise une assemblée générale afin de recueillir l'avis des membres sur la question. Du côté de Kapers en revanche, on affirme que c'est l'affaire seule du syndicat qui consultera ses membres la semaine prochaine et qu'il n'y a pas lieu de se coordonner avec d'autres sur la question.