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Les lunettes Vaunt d’Intel pèsent 50 grammes. L’image est projetée sur la rétine de l’utilisateur.
© Vjeran Pavic / The Verge

Technologie

Les lunettes connectées d’Intel sont issues de l’EPFL

La multinationale développe des lunettes légères avec un système de projection d’images sur la rétine. La technologie est issue de deux start-up rachetées sur le site de l’EPFL, Lemoptix et Composyt Light Labs

Ce sont des technologies suisses, issues de l’EPFL, qui sont au cœur des futures lunettes connectées développées par Intel. Il y a une semaine, le numéro un mondial des microprocesseurs dévoilait des prototypes de lunettes légères, équipées d’un système de projection sur la rétine via un laser. Ce sont deux start-up issues de l’EPFL, Lemoptix et Composyt Light Labs, qui ont permis à la multinationale américaine de créer cet accessoire. Désormais, Intel espère réussir là où les Google Glass, abandonnées en 2015, n’ont jamais été capables de percer.

La société basée à Santa Clara (Californie) fait pour l’heure profil bas avec ses lunettes, baptisées «Vaunt». C’est par un article du site spécialisé The Verge, paru le 5 février, qu’Intel présentait ses appareils. Le reportage, accompagné d’une vidéo détaillée, avait été réalisé dans un laboratoire de San Francisco et ne mentionnait pas les deux start-up suisses. C’est le site spécialisé ICT Journal qui faisait, lundi soir, le lien avec Lemoptix et Composyt Light Labs, toutes deux rachetées en 2015 par Intel pour un montant non communiqué.

Dirigeants encore là

Mardi, deux sources distinctes confirmaient cette information au Temps. Comme souvent lors de rachats par des multinationales américaines, aucun dirigeant de ces deux start-up n’est autorisé à parler. Mais selon nos informations, au moins Marco Boella et Nicolas Abelé, deux anciens dirigeants de Lemoptix, travaillent toujours pour Intel, sur le site de l’EPFL.

Et cette aventure se poursuit a priori sans accroc. «Souvent, les rachats par des entreprises étrangères se passent mal. Dans le cas de ces deux sociétés, c’est l’inverse qui semble se passer», se réjouit Hervé Lebret, responsable du fonds Innogrant d’aide au démarrage pour les entreprises de l’EPFL. «L’emploi a été maintenu ici et s’est même développé, alors que la technologie est en passe, peut-être, de devenir un produit.» Intel compterait actuellement plusieurs dizaines d’employés sur le site de l’EPFL.

Lire aussi: Intel rachète la start-up lausannoise Composyt Light Labs

Projection sur la rétine

Revenons à Vaunt. Ces lunettes ne possèdent ni caméra ni bouton, à l’inverse des Google Glass. Elles pèsent 50 grammes et il est impossible, au vu des photos mises à disposition par The Verge, de les différencier d’accessoires classiques. Et pourtant, elles sont capables de projeter des images sur la rétine, alors que les Google Glass projetaient une image sur le verre des lunettes.

Sur les appareils d’Intel, le minuscule écran de 400 x 150 pixels apparaît en bas de l’œil droit de l’utilisateur et il est projeté via un rayon laser de faible intensité, sans aucun danger pour la santé, assure Intel. Seule la personne qui porte ces lunettes est capable de voir l’écran, qui est créé via un réflecteur intégré dans le verre optique, pour ensuite aboutir sur la rétine.

Recettes et recommandations

Pour quel usage? «Vous êtes dans votre cuisine, vous dites «Alexa [le système de commande vocale d’Amazon], j’ai besoin de cette recette de biscuits», et hop, elle apparaît sur vos lunettes», expliquait un responsable d’Intel à The Verge. Autre exemple: la personne se promène dans la rue et lorsqu’elle regarde des devantures de restaurants, des informations du site de recommandation Yelp apparaissent sur sa rétine. L’idée est que les lunettes deviennent un écran utile lorsque les autres – celui du smartphone ou celui de l’ordinateur – ne sont pas disponibles. Il peut ainsi s’agir d’une personne chargée de valises dans un aéroport qui cherche des informations sur son vol.

Lire aussi: Le géant Intel rachète une start-up de l’EPFL spécialisée dans les projecteurs miniatures

Les technologies des deux spin-off de l’EPFL sont au cœur de ces lunettes, car comme le rappelle ICT Journal, Composyt Light Labs travaillait avant son rachat sur «des affichages portables ultra-compacts pour des lunettes intelligentes de nouvelle génération. La firme avait déjà développé un prototype de lunettes connectées à projection rétinienne, doté d’un micro-projecteur laser conçu par Lemoptix.»

Appel aux développeurs

A priori, Intel ne va pas développer d’applications précises pour ces lunettes, mais lancer un appel à des sociétés tierces pour qu’elles développent des services sur la base de Vaunt. Un kit de développement doit être mis à disposition dans les prochaines semaines par la multinationale américaine. Il est encore trop tôt pour parler de prix et de date de commercialisation.

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