L’Union bancaire privée (UBP) s’installe en Chine continentale. Déjà présent à Hongkong depuis le début des années 1990, l’établissement genevois a annoncé mercredi avoir conclu un partenariat avec Hong Chen, «figure de proue de l’industrie de la gestion d’actifs en Chine». La nouvelle société, «UBP Investment Management (Shanghai) Limited», sera basée au cœur de la capitale économique de la République populaire. Et détenue, comme le veut le droit local, à 51% par Hong Chen, citoyen chinois, et à 49% par UBP, investisseur étranger.

Hong Chen sera par ailleurs le responsable des investissements au sein de la nouvelle société. «Cela reflète notre capacité à s’associer aux meilleurs gérants de fonds, s’est réjoui Nicolas Faller, responsable de la division en charge de la clientèle institutionnelle de la banque privée genevoise, lors d’une interview accordée au Temps mercredi matin. Avec plus de quinze années d’expérience dans la gestion des actions chinoises, Monsieur Hong Chen affiche l’un des meilleurs historiques de performance dans ce secteur.»

Les premiers contacts remontent au début de l’année 2014. «Nous avons tout de suite compris que d’énormes opportunités étaient en train d’apparaître avec l’ouverture en cours du marché chinois», explique Nicolas Faller. Et de préciser que la banque, déjà bien implantée en Asie avec des bureaux à Hongkong mais aussi à Singapour et à Tokyo, a toujours eu pour vocation «d’augmenter ses compétences et de proposer les solutions d’investissement les plus attractives sur le marché à ses clients».

En quelques mois, UBP a donc obtenu son agrément de société de gestion (le 31 décembre), trouvé des bureaux au centre du quartier d’affaires de Pudong et recruté sur place sept collaborateurs. «Ils devraient être environ 25 d’ici à la fin 2015», précise Nicolas Faller. Quant aux premiers clients, ils sont attendus pour la fin du mois. «Avec environ 150 millions de dollars pour commencer», estime celui qui a mené à bien le projet pour le compte de la banque genevoise.

En s’installant à Shanghai, UBP vise plusieurs objectifs. Tout d’abord, pouvoir offrir des mandats de gestion à une clientèle chinoise institutionnelle. Ensuite, pouvoir proposer cette nouvelle expertise aux autres clients de la banque. «A nos clients asiatiques, très friands en produits financiers chinois, mais aussi à nos clients suisses et européens, institutionnels ou privés», souligne Nicolas Faller. Des clients qui pourront investir dans des actions chinoises puis, dans un deuxième temps, dans des obligations, voire même dans des produits structurés.

Quid de la clientèle chinoise privée? «Bien sûr que nous y réfléchissons, explique Nicolas Faller. Nous ne faisons pas de cette clientèle une priorité immédiate, même si nous n’allons pas nous interdire de gérer des mandats discrétionnaires pour de très riches clients chinois.»