Les rumeurs se faisaient de plus en plus précises depuis la semaine dernière. Mercredi, la Commission européenne est à nouveau passée à l'offensive contre Google. En 2015, une première enquête visait la recherche. Désormais, la commissaire à la concurrence Marghrete Vestager s'intéresse de près au système Android de Google, qui équipe près de 70% des nouveaux smartphones mis sur le marché. La Commission européenne accuse la multinationale d'«d'abuser de sa position dominante en imposant des restrictions aux fabricants d'appareils Android et aux opérateurs de réseaux mobiles».

Concrètement, Bruxelles accuse la société d'imposer à ses partenaires tout un pack de services et d'applications dans les smartphones. Android est fourni gratuitement, mais les partenaires de Google doivent préinstaller certaines applications, telles Youtube. La Commission a annoncé dans un communiqué avoir adressé à Google une «communication des griefs», une sorte d'acte d'accusation, concernant le système d'exploitation et les applications Android.

Deux enquêtes

Il y a près d'un an, Bruxelles avait ouvert une enquête pour déterminer si le groupe informatique américain n'enfreignait pas les règles européennes de concurrence avec son système Android. Désormais, la commissaire semble avoir suffisamment d'éléments tangibles pour aller plus loin. Son enquête est ainsi au même niveau que celle concernant la recherche.

Le processus va durer encore plusieurs mois, voire années. Dans le pire des cas, Google pourrait devoir payer une amende qui peut aller jusqu'à 10% du chiffre d'affaires annuel du groupe, soit 7,4 milliards de dollars, en se basant sur les chiffres de 2015.


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