L'économie et la conjoncture européennes vont mal, la Commission l'a confirmé ce mercredi. Mais toutes les perspectives ne sont pas forcément sombres dans cette Union européenne qui est sur le point de s'élargir. En effet, contrairement aux Quinze qui voient leur avenir s'assombrir en terme de croissance, les dix pays candidats sont eux pleins de promesses de développement, même si à eux tous ils n'atteignent que 4,4% du PIB de l'ensemble de l'Union. «Le tableau pour les pays candidats paraît relativement brillant», a même déclaré le très prudent commissaire Pedro Solbes en charge des Affaires économiques et monétaires.

La mauvaise conjoncture économique a certes fait légèrement baisser les prévisions dans les futurs Etats européens, mais selon la Commission, cette baisse ne devrait être que minime. En 2003, la moyenne de croissance du produit intérieur brut pour les dix pays qui, en 2004, rejoindront l'Union (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Slovénie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Chypre et Malte) devrait atteindre 3,6% et passer à 4,2% en 2004 au moment de l'adhésion, prévoit la Commission.

Pologne, lanterne rouge

Si l'on en croit un rapport publié jeudi à Genève par la Commission économique de l'ONU qui donne ses pronostics pour l'Europe et confirme la bonne résistance des pays en transition, les stars du prochain élargissement en matière de croissance seront les trois pays baltes. Ils affichent déjà des taux de croissance moyens de 5% pour 2002 et devraient dépasser ce chiffre l'an prochain. Bruxelles est légèrement moins généreuse dans ses prévisions: selon elle, l'Estonie affichera une croissance de 4,5% cette année quand la Lettonie et la Lituanie sont à 5%. Lanterne rouge des pays candidats, la Pologne ne devrait atteindre que 0,8% de croissance en 2002 mais se rattrapera en 2004 pour finir par frôler les 4%. Cette bonne résistance à la déprime économique s'explique, selon Bruxelles, par une forte demande intérieure stimulée par la reprise de l'investissement.

Reste que, si les critères du Pacte de stabilité devaient s'appliquer aux dix nouveaux pays, les avertissements et les procédures pour déficit excessif pleuvraient. La République tchèque, par exemple, affiche une perte budgétaire de plus de 6% de son produit intérieur brut et la situation devrait s'aggraver l'an prochain. Malte ou la Hongrie ne sont guère mieux loties même si la situation devrait s'améliorer peu à peu. En revanche, les trois pays baltes et la Slovénie répondent déjà largement aux critères fixés par le Pacte.

Il n'est pourtant pas prévu, a rappelé le commissaire Solbes, qu'un nouveau pays rejoigne l'euro rapidement. «Aucun ne pourra adopter la monnaie unique avant au moins deux ans après son entrée» dans l'Union, soit en 2006. Et pour l'heure, le commissaire Solbes ne veut pas se hasarder à dire quels pourraient être les pays «élus».