Le plan d’action pour créer une Union des marchés des capitaux (UMC) au sein des Vingt-Huit a été lancé mercredi à Bruxelles. Il s’agit d’un chantier majeur de la Commission Juncker, dont le but est de mobiliser les ressources financières tant pour les investissements publics que pour les entreprises privées.

La présentation d’hier fait suite à une longue consultation qui avait débuté en février dernier, c’est-à-dire à peine quelques mois après l’installation de la Commission Juncker le 1er novembre 2014. La place financière suisse, l’une parmi les plus importantes au monde, a un intérêt évident par rapport à l’UMC. Mais elle a été d’emblée exclue de la consultation. Au début de l’année, la Commission avait fait savoir que Berne doit d’avoir trouvé une solution à l’imbroglio sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne.

«Nous voulons créer un marché unique des capitaux où les entreprises peuvent lever des fonds dans un marché unique où les règles sont les mêmes pour tous dans tous les vingt-huit pays membres de l’Union, a déclaré hier le vice-président de la Commission Jyrki Katainen, responsable pour l’Emploi, la Croissance, les Investissements et la Compétitivité. Durant mes consultations, j’ai rencontré plusieurs compagnies d’assurances qui se sont plaintes de manque d’opportunités pour investir dans des projets d’infrastructures. L’UMC entend enlever les obstacles.» La Banque européenne des investissements (BEI) estime à 2000 milliards d’euros les besoins en investissements pour les infrastructures d’ici à 2020.

Pour le commissaire Jonathan Hill, chargé de la Stabilité financière, de Services financiers et de l’UMC, le projet réduira la dépendance des entreprises sur le système bancaire pour leur financement. Selon une note de la Commission, aux Etats-Unis, les entreprises ont recours aux marchés financiers cinq fois plus qu’en Europe. « Faute de marché de capitaux, les PME européennes peuvent se trouver en grande difficulté le moment où les banques leur ferment le robinet de crédit », a déclaré le commissaire.

Prochaines étapes: l’UMC devra obtenir l’aval du Conseil européen, puis du Parlement. La Commission espère qu’elle sera opérationnelle en 2017.