Finance

L'Université de Genève lance une formation de masse en gestion de fortune

L’alma mater genevoise a remporté un appel d’offres de Coursera, une entreprise de la Silicon Valley spécialisée dans les cours via Internet. En tant que partenaire, UBS va utiliser la plateforme pour former ses employés

C’est le 13e cours en ligne à très large public (MOOC, pour «massive open online course») proposé par l’Université de Genève (Unige). Son thème: la gestion de portefeuille. «Les domaines abordés durant le cursus sont très variés», prévient Rajna Gibson Brandon, directrice du Geneva Finance Research Institute (GFRI) et Professeure de Finance à l’Unige. Le menu proposé va en effet de la neurofinance aux connaissances de base du fonctionnement des marchés, en passant par la compréhension des mécanismes de décisions financières, les stratégies d’allocation d’actifs, la gestion des risques, la mesure de performance, ou encore les nouvelles tendances, comme les fintech et la finance durable.

Lancée début février, cette formation web inédite au bout du lac – mais ouverte à une audience mondiale, sans prérequis formel, d’où les 6125 inscrits en seulement deux semaines – se subdivise en quatre contenus distincts, agrémentés d’une partie supplémentaire permettant à ceux qui le souhaitent de présenter un projet final. «Chaque chapitre, composé de 4 à 6 heures de vidéos didactiques, exige des étudiants environ 10 heures de travail, lectures et évaluations non comprises. Mais chacun peut aller à son rythme; les cours sont en anglais et disponibles en continu jusqu’en 2019», indique Christelle Bozelle, responsable des MOOCs à l’Unige.

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L’initiative émane de la plateforme Coursera et UBS. Associée au numéro un bancaire en Suisse, cette société numérique basée à Mountain View (Californie) et dédiée à la formation en ligne a lancé un appel à projet international l’été dernier. Contre toute attente, c’est le GFRI basé à l’Université de Genève qui a été retenu. «Nous avons été très agréablement surpris de l’emporter sur d’autres universités de renommée internationale en finance», relève Rajna Gibson Brandon. Et Christelle Bozelle de préciser: «Le programme, dont nous sommes les responsables scientifiques, est coordonné avec UBS. À travers ses propres intervenants, la banque doit apporter un regard davantage pratique sur la matière.»

Crédits ECTS en vue?

Environ 15 à 20% du contenu proviennent d’UBS, qui compte utiliser ses cours pour former son personnel. Le prix de la nouvelle offre en ligne genevoise: gratuite pour les candidats libres, 119 dollars par cours – Coursera propose toutefois des bourses – et autant pour le projet final si l’on souhaite passer les tests (questionnaires à choix multiples ou évaluations entre pairs, sur le principe de la pédagogie participative, etc.) requis. L’ensemble de la formation est à ce moment sanctionné par un «certificat de réussite». «Nous sommes toutefois en train de mener une discussion quant à l’opportunité d’intégrer ces cours aux curriculums réguliers de bachelor et de master, à savoir: leur attribuer des crédits ECTS», conclut Rajna Gibson Brandon.

Lancés il y a cinq ans par des professeurs d’informatique de Stanford, les MOOCs recensent aujourd’hui plusieurs millions de participants répartis sur la planète. L’Unige a rejoint cette communauté en 2013, date depuis laquelle le contenu de l’alma mater genevoise est venu enrichir le portefeuille de plus de 1200 cours – en 33 langues – déjà existants dans le monde.

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