Luqman Arnold est le successeur désigné de Marcel Ospel à la présidence du directoire du groupe UBS en avril prochain, après l'élection de Marcel Ospel à la présidence du conseil d'administration. Il répond au Temps.

Le Temps: Avec PaineWebber, UBS se présente comme un groupe global de services financiers. Ne lui manque-t-il pas une composante dans l'assurance?

Luqman Arnold: Certes, il y a des liens entre les produits d'assurance, surtout d'assurance vie, et ceux des services financiers d'investissement. Mais nous sommes sceptiques quant à l'intégration d'une telle composante. Elle est trop assimilable aux services d'une banque de détail. En Suisse, nous proposons à nos clients depuis le début de l'année les services d'une filiale, UBS Life, qui a une gamme limitée de produits d'assurance vie. Nous pensons ainsi répondre à la plupart des besoins. Par ailleurs et pour des clients précis, nous pouvons envisager des partenariats.

– L'architecture ouverte que vous prônez n'est-elle pas en contradiction avec la structure intégrée que le groupe UBS veut garder?

– Non. La structure intégrée nous sert à capturer tous les flux d'activité et financiers générés par l'une ou l'autre de nos activités. Mais nous ne pouvons pas dire à nos clients que nous avons le monopole de la meilleure performance en termes de produits. Avec une architecture ouverte, nous leur offrons donc ce que nous pensons être le mieux pour eux sur les marchés.

– Ceci mène à des collaborations, voire à des alliances…

– Nous avons déjà des collaborations. Par exemple, avec Lufthansa pour le programme Miles & More avec les fonds de placement ou, dans les assurances, avec Rentenanstalt/Swiss Life. Mais nous n'avons aucun plan pour formaliser en alliances les actuelles collaborations.

– Le paysage bancaire suisse évolue et UBS ne fait que regarder?

– Notre importante part de marché prouve que ce n'est pas le cas et nous y avons beaucoup investi, notamment dans l'e-banking. Cela dit, nous étudions attentivement son évolution.

– Le point faible d'UBS, c'est la gestion institutionnelle qui est peu rentable.

– En 2000, nous en avons stabilisé l'activité et avons mené à bien la fusion d'UBS Phillips & Drew et de UBS Brinson. En termes de nouveaux fonds, le bilan est positif: le reflux net a constamment diminué cette année. Nous avons aussi eu une bonne performance et proposons une gamme élargie de styles d'investissements. Les clients ont de bonnes raisons de revenir. Avec l'intégration de Mitchell Hutchins en février, tout est donc en place pour que les résultats suivent. C'est important pour la valorisation de la gestion institutionnelle et sa réputation.