Les trois organisations suisses de défense des consommateurs comptent mettre l’accent sur la concurrence équitable en 2012. Elles poursuivront en particulier le combat contre l’îlot de cherté que représente la Suisse par rapport à ses voisins européens.

Le phénomène s’étant encore accentué ces derniers mois à cause de la force du franc, la Fédération romande des consommateurs (FRC) et ses homologues alémanique (SKS) et tessinoise (ACSI) veulent créer une plate-forme internet d’informations sur ce thème, ont-elles indiqué lundi devant la presse à Berne.

Les consommateurs pourront y comparer les prix pratiqués en Suisse et à l’étranger pour un même produit de marque et dénoncer eux-mêmes les différences les plus choquantes. L’Alliance des organisations de consommateurs, qui réunit les trois entités linguistiques, entend ainsi accroître la pression sur le commerce de détail en lui signifiant que le public est au courant des différences de prix et qu’il n’est pas content.

«Notre message aux acteurs de l’économie est que la solution se trouve en Suisse et non dans le tourisme d’achats», a déclaré le secrétaire général de la FRC, Mathieu Fleury. Les Suisses sont d’accord de payer plus lorsqu’il y a une plus-value, notamment en matière de produits agricoles helvétiques, mais on ne peut pas leur dire de payer plus parce qu’ils ont un pouvoir d’achat plus élevé, ce n’est pas un argument, poursuit-il.

De plus, l’Alliance réclamera un renforcement de la loi sur les cartels et de la loi sur la surveillance des prix. L’objectif est que les entreprises suisses soient placées sur un pied d’égalité avec les firmes étrangères pour les tarifs et les conditions commerciales lors de l’importation de produits.

Concurrence déloyale dans le viseur

Dans son agenda 2012, l’Alliance prévoit aussi de rendre les consommateurs attentifs à la nouvelle loi sur la concurrence déloyale qui entrera en vigueur le 1er avril prochain. Celle-ci vise à mieux protéger les consommateurs contre les arnaques à l’annuaire, les systèmes boule de neige, les promesses de gains irréalistes et les appels téléphoniques non sollicités.

L’Alliance dénoncera publiquement les pratiques commerciales trompeuses de certaines entreprises, et portera même plainte si nécessaire.

Parlementaires sous la loupe

Un autre site web destiné aux consommateurs verra le jour l’an prochain. Il aura pour but de rendre publics les votes de chaque parlementaire sur les questions de consommation. «Il s’agit en quelque sorte du service après-vente de la charte de défense des consommateurs qu’avaient signée 550 candidats aux élections fédérales d’octobre 2011», explique Mathieu Fleury.

Enfin, la lutte contre le gaspillage des aliments occupera également l’Alliance en 2012. Cette dernière espère avoir un impact aussi bien sur la chaîne de fabrication et de distribution qu’à domicile, et planche d’ores et déjà sur une intervention parlementaire relative aux dates de péremption des denrées alimentaires.