Avec un chiffre d'affaires en progression de 17% mais un résultat opérationnel en recul de 10%, le groupe Richemont n'a pas répondu aux attentes des analystes. La sanction n'a pas tardé puisque l'action a dévissé de plus de 12% hier à la Bourse suisse, à 51,15 francs.

Cette inadéquation entre chiffre d'affaires et résultat opérationnel tient à la nature particulière des revenus du groupe de luxe basé à Genève qui tire une partie de ses bénéfices de sa division luxe et l'autre de sa participation de 18,6% dans le groupe de tabac BAT. Or si l'on se félicitait il y a quelques années de cette participation qui comptait bien davantage que le secteur luxe dans le bénéfice net du groupe, le dernier exercice présente un autre visage. De fait, pour l'exercice 2005-2006, le bénéfice de BAT attribuable à Richemont a décliné de 39% à 486 millions d'euros. Ce qui a évidemment eu un impact dévastateur sur le bénéfice net du groupe qui décline de 10% à 1094 millions d'euros.

La division luxe enregistre par contre d'excellents résultats d'ensemble avec des résultats opérationnels en progression de 35% pour la joaillerie (à 616 millions d'euros), de 57% pour l'horlogerie (à 227 millions), de 43% pour les instruments d'écriture (à 83 millions), ainsi qu'une perte de 38 millions pour les sociétés actives dans la maroquinerie et les accessoires. Les ventes globales du groupe ont atteint 4,3 milliards d'euros (+17%), un résultat record.