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Le groupe Kering, qui est propriétaire entre autres de la marque Gucci, a vu ses ventes bondir de 51,4% au premier trimestre 2017.
© BOBBY YIP/Reuters

Luxe

Le luxe profite du retour de la consommation chinoise

LVMH, Kering, Hermès… Sur le seul mois d’avril, les plus importants acteurs de l’industrie de l’industrie haut de gamme ont tous annoncé des résultats faisant état de croissance à deux chiffres

Au fil du mois d’avril, la tendance s’est vérifiée presque jour après jour. De nombreux géants du luxe ont fait état de résultats en croissance pour les premiers mois de l’année 2017. En comparaisons annuelles, les ventes de Kering ont par exemple bondi de 31%, celles de LVMH de 15% et chez Hermès, elles ont atteint 13,5%. Et même si les résultats annuels 2016 présentés par l’Italien Prada au début du mois ont déçu les analystes, la tendance sur son second semestre était «nettement à l’amélioration». De manière générale, résume l’analyste de Lombard Odier Gosia Eggimann, «tout le monde a été surpris par ces résultats, et en particulier par le fait que la consommation en Chine se porte si bien».

En Asie justement, le hongkongais Chow Tai Fook – qui pilote notamment quelque 2000 boutiques de montres et de bijoux disséminées en Chine – a relevé que même les ventes à Hongkong et Macau étaient enfin de retour dans les chiffres noirs, après douze trimestres consécutifs de baisse. Et soulignait en passant la progression de 85% réalisée dans la vente en ligne sur le marché chinois.

Performances qualifiées d’historique

Malgré ces bonnes nouvelles, la prudence reste de mise. «Il s’agit plutôt d’effets exceptionnels différents pour chaque groupe… Je ne pense pas que cela se poursuivra à ce rythme sur toute l’année», présume par exemple René Weber de la banque Vontobel. Et de citer l’exemple du groupe Kering, qui a particulièrement profité du succès inattendu rencontré par un nouveau sac de sa marque Gucci, dont les ventes ont bondi de 51,4% – «en vingt ans de carrière, je n’ai jamais vu une hausse pareille», note René Weber. Le groupe français, qui possède en Suisse les marques horlogères Girard-Perregaux et Ulysse Nardin, évoque en effet une «performance historique» mais souligne que «les incertitudes géopolitiques et macroéconomiques subsistent».

La tendance actuellement observée ne peut raisonnablement pas à ce jour être extrapolée à l’ensemble de l’année

Il faut dire que ces résultats positifs bénéficient en premier lieu d’un effet de base favorable. Le groupe LVMH – qui, parmi les quelque 70 marques qu’il contrôle dans le monde, possède en Suisse les horlogers TAG Heuer, Hublot ou encore Zenith – rappelait justement dans son communiqué que ses activités du premier trimestre 2016 avaient été affectées par la baisse de la fréquentation touristique suite aux attentats parisiens du mois de novembre 2015. Conséquence: «La tendance actuellement observée ne peut raisonnablement pas à ce jour être extrapolée à l’ensemble de l’année», soutient LVMH dans son communiqué.

Nouveau groupe de consommateurs

Gosia Eggimann, de la banque Lombard Odier, confirme bien sûr l’effet de base liée à l’impact des attentats terroristes sur le tourisme mais va un cran plus loin. «En 2016, la demande chinoise pour les produits de luxe a aussi été freinée par les problèmes d’octrois de visas européens pour les touristes et par le changement de la réglementation sur les droits de douane», rappelle-t-elle. Cette dernière note aussi qu’un nouveau groupe de consommateur est en train de voir le jour en Chine. «Ils sont très jeunes et très riches, cela surprend car en Europe on est habitués à une clientèle plus âgée…» Au-delà des frontières chinoises, les analystes saluent en outre la stabilité de la consommation européenne et la bonne tenue du marché américain.

Attendre de voir si la tendance se confirme

Reste à voir si cette tendance se confirme dans les jours à venir. Le groupe Richemont, basé à Genève, publiera par exemple ses résultats annuels décalés le 12 mai prochain. Mais, même s’il est diversifié et possède par exemple le fabricant de fusils de chasse haut de gamme Purdey, près d’un tiers de ses revenus proviennent toujours des marques horlogères présentes dans son portefeuille (Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, Roger Dubuis, etc.). Les effets des mesures prises au fil de l’année écoulée – rachat d’inventaires et restructuration dans les manufactures notamment – ne se feront peut-être pas encore ressentir.

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