Bernard Arnault se dit «raisonnablement optimiste» malgré les incertitudes liées à la pandémie de coronavirus. Le président-directeur général du groupe français LVMH, numéro un mondial du luxe, s’est exprimé jeudi matin lors de l’assemblée générale des actionnaires, tenue à huis clos pour la deuxième année consécutive. «L’espoir de la vaccination nous laisse entrevoir la fin de cette crise sanitaire», a-t-il poursuivi.

Deux jours après avoir publié des résultats affichant des ventes en hausse de 30% sur un an pour les trois premiers mois de 2021, l’homme d’affaires a affirmé que «les crises sont un puissant ressort pour les années de croissance qui leur succèdent». Et d’ajouter que la diversification des activités du groupe «a joué son rôle d’amortisseur dans le choc majeur» subi l’an dernier, permettant de limiter la baisse des ventes à 16%. Bernard Arnault entend bien profiter de l’occasion pour «renforcer encore l’avance de LVMH sur le marché mondial» du luxe.

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Tiffany, fer de lance joaillier

A propos du joaillier américain Tiffany & Co, dont le rachat a été finalisé en janvier pour 14 milliards de francs après plusieurs mois de bataille juridico-médiatique, le patron du groupe a insisté sur sa volonté d’en faire le vaisseau amiral de l’activité joaillière du groupe, devant Bulgari, Fred ou encore Chaumet. Cette acquisition doit aussi permettre à LVMH de venir concurrencer Cartier, marque phare de son concurrent genevois Richemont.

En termes de distribution, le groupe entend encore renforcer son offre d’e-commerce, tout en continuant à développer les boutiques physiques, dont le nombre est passé de 4900 à 5000 l’an dernier. «Notre réseau retail reste un facteur de différenciation majeur, et c’est bien la combinaison des canaux qui répond au désir des clients», a déclaré Antonio Belloni, directeur général délégué du groupe.

Développement en Chine

La prudence est davantage de mise concernant les ventes liées au tourisme. Le groupe estime que les voyages internationaux resteront limités en 2021 et a donc «réduit fortement ses coûts afin de limiter l’impact sur les profits à court terme». En parallèle, des investissements ont été réalisés sur l’île chinoise de Hainan où DFS, filiale spécialiste du duty free, vient d’ouvrir une première enseigne avec un partenaire local, Shenzhen Duty Free.

Tous les points soumis en assemblée générale ont été largement validés. Le dividende a été fixé à 6 euros par action pour 2020, retrouvant le montant de 2018 après une baisse à 4,80 euros en 2019. Le versement total se montera à 3 milliards d’euros (3,3 milliards de francs).

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