Lyft a réalisé vendredi l’une des plus importantes entrées en bourse de l’histoire de la tech américaine. La société de mise en relation entre chauffeurs et passagers visait une capitalisation de 24,7 milliards de dollars avec des actions vendues à 72 dollars. Durant les premiers échanges, le cours de l’action s’est envolé de 21% à 87,24 dollars, pour une valorisation de 30 milliards de dollars.

Parmi les géants de la tech américaine, seul Facebook, en 2012, avec 81 milliards de dollars de valorisation, a fait mieux. Lyft dépasse ainsi les 23 milliards de Google en 2004. Et surtout, la société basée à San Francisco devance de quelques semaines son rival Uber dans cette course vers la cotation.

Uniquement aux Etats-Unis et au Canada

Depuis sa création en 2012, Lyft a sans cesse grandi dans l’ombre de son concurrent. Les deux sociétés ne s’affrontent d’ailleurs que sur deux marchés, les Etats-Unis et le Canada. Alors qu’Uber est actif dans 65 pays, Lyft ne s’est concentré que sur l’Amérique du Nord. L’année passée, la société a assuré 1 milliard de courses, pour un chiffre d’affaires global de 8,1 milliards de dollars. Son revenu net – en excluant ce qu’il verse à son 1,9 million de chauffeurs – s’est élevé à 2,2 milliards de dollars.

Lyft a beau avoir perdu 911 millions de dollars l’année passée, c’est sa croissance qui attire surtout les investisseurs. Même si sa perte a grimpé de 32% en 2018, son chiffre d’affaires a quasiment doublé en un an. «La croissance du nombre de clients de 20% en un an aux Etats-Unis est un élément clé pour assurer sa croissance sur ce marché. Lyft pourrait égaler Uber en 2021», selon Mandeep Singh, analyste chez Bloomberg. La société nouvellement entrée en bourse ne dit pas quand elle pourrait être profitable, assurant se concentrer sur sa croissance – aucun plan d’expansion à l’international n’a été dévoilé. Elle a été fondée par Logan Green et John Zimmer, qui demeurent ses dirigeants.

Nombreuses similarités

Pour l’heure, Lyft est encore loin de son rival. Selon ses propres estimations, il détient 39% du marché américain, le solde étant l’apanage d’Uber. Lyft ne cesse de croître: fin 2016, sa part de marché n’était, toujours aux Etats-Unis, que de 22%.

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Les deux entreprises affichent des tarifs quasi identiques, mais le plus petit des deux a profité des scandales à répétition touchant Uber. Lyft se targue de mieux traiter ses chauffeurs. Mais cela ne les a pas empêchés de manifester il y a quelques jours à San Francisco et à Los Angeles pour demander une hausse de leurs revenus. Par ailleurs, plusieurs chauffeurs de Lyft ont lancé des actions en justice contre la société pour qu’elle leur accorde le statut de salarié.

Uber est aussi dans le rouge

D’ici à quelques semaines, ce sera a priori au tour d’Uber d’entrer en bourse. La société, qui a perdu 1,8 milliard de dollars en 2018, pourrait viser une valorisation de 80 à 120 milliards de dollars. Cette semaine, Uber a racheté son concurrent au Moyen-Orient Careem pour 3,1 milliards de dollars. Un rachat qui lui permet de renforcer sa position dans 14 pays. Careem, basé à Dubaï et fondé en 2012, revendique 1 million de chauffeurs et plus de 30 millions d’utilisateurs dans 90 villes.