Technologie

Des machines téléphoneront à notre place

Google a détaillé cette semaine les capacités de son service Duplex, capable de réserver, aux Etats-Unis, à notre place et par téléphone, une table dans un restaurant. Ses smartphones pourront aussi répondre automatiquement à des appels. Google assure que des garde-fous ont été mis en place

Il y a des «um», des «ah» et des «umm-hmm». Les paroles s’enchaînent de manière fluide, peut-être un peu trop rapidement à une ou deux reprises. Mais la plupart du temps, si l’on n’est pas très attentif, il est impossible de savoir que ce n’est pas un humain qui parle. Mais bien une machine. Mardi, Google a détaillé son service Duplex, destiné à mener, à notre place, des conversations par téléphone. Ses smartphones seront aussi capables de répondre à certains appels. Une manière de montrer, pour Google, qu’il ne compte pas laisser Amazon et Apple contrôler ce marché.

On les appelle des disfluences verbales, ces petites irrégularités du langage qui nous distinguaient – jusqu’à présent – des machines. Mais cette différence s’estompe, et l’écoute d’une conversation entre l’employé d’un restaurant et le robot de Google est fascinante. Duplex dit qu’il veut réserver une table, indique la date et le nombre de personnes. Lorsque l’employé lui répond que les réservations en dessous de cinq personnes ne sont pas enregistrées, le robot a «l’intelligence» de demander de combien de temps sera l’attente pour quatre personnes… Présenté en mai dernier, Duplex a été amélioré, testé par des cobayes en juin et sera lancé de manière commerciale d’ici à la fin de l’année aux Etats-Unis.

D’abord les restaurants

Il sera possible de contacter, via Duplex, les restaurants situés à New York, Atlanta, Phoenix et dans la région de San Francisco. Il suffira de dire à son smartphone «Réserve-moi une table à cette pizzeria ce soir à 20h00 pour trois personnes» pour que le service Google Assistant, dont Duplex fait partie, effectue l’appel. Initialement, ce service sera disponible sur les téléphones Pixel 3 de la société, dévoilés mardi et disponibles dès novembre. Par la suite, les versions précédentes du Pixel seront dotées de ces capacités. Il sera aussi possible, prochainement, de prendre rendez-vous dans d’autres commerces, tels des salons de coiffure.

Lire aussi: Comment Google est passé de star à ringard de la messagerie

Face à des critiques qui étaient apparues en mai, Google a procédé à des ajustements concernant le respect de la vie privée des utilisateurs. Ainsi, le restaurateur sera informé, au début de l’appel, qu’un robot lui parle. Il lui sera possible de refuser d’être appelé par cette machine. Et seuls les restaurants qui n’offrent pas de service de réservation en ligne pourront être joignables par Duplex.

Filtrer les appels

En parallèle, Google proposera, d’abord aussi sur son Pixel 3, Call Screen, destiné à filtrer les appels. Aux Etats-Unis, la moitié des appels vers des mobiles sont publicitaires. Call Screen sera capable de demander à l’appelant la raison de son appel, puis de la retranscrire de manière écrite pour le propriétaire du smartphone. Call Screen pourra aussi demander à l’émetteur de cesser ses appels publicitaires.

Comme souvent, la société n’a pas dit comment elle comptait monétiser ces services. Elle vise a priori deux buts. D’abord, rendre plus attractifs ses Pixels, dont la diffusion est pour l’heure confidentielle. Ensuite, muscler son assistant numérique par rapport à ceux de ses concurrents. Google a d’ailleurs présenté cette semaine, tout comme Facebook, son premier assistant domestique équipé d’un écran.


Google + continuera à vivre pour les entreprises

Le réseau social Google + est terminé pour le grand public. Mais il n’est pas mort pour les entreprises. Pour le grand public, c’est fini: cette semaine, Google annonçait qu’une faille de sécurité aurait compromis les données d’au moins 500 000 utilisateurs. La faille avait été corrigée en mars de cette année, mais aucune note d’information n’avait été diffusée. Du coup, Google a annoncé que son réseau social – qui n’a jamais pu rivaliser avec Facebook – serait débranché d’ici à dix mois.

Pour les entreprises, Google + survivra. Ce jeudi, la société a annoncé une série de nouvelles fonctions pour son réseau, qui sera intégrée au sein de Gsuite, son service pour entreprises. Il sera ainsi possible de créer des canaux personnalisés de communication interne. Le but sera d’améliorer les discussions entre collaborateurs mais aussi entre les différents niveaux de hiérarchie d’une entreprise. Des fonctions de modération et d’administration seront aussi ajoutées.

(A. S.)

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